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 Hécate Morora


rising from ashes

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Hécate Morora

L'Erreur Humaine


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Messages : 35

MessageSujet: Hécate Morora   Mar 13 Mai - 20:45:57

Nom: Morora

Prénom: Hécate

Rang :Hum... Fausse Moire? XD Sinon Résistante

Age: 41


Physique : On aimerait dire qu'Hécate est belle, d'ailleurs on sent qu'elle l'a été et qu'elle le reste, néanmoins il y a en elle comme une bizarrerie qui empêche de lâcher sur cette femme une pareille banalité. Il y a beaucoup de belles femmes, mais les belles femmes, si elles n'ont que cela, on les oublie, on les confond. Elles sont trop lisses, trop nettes, rien ne dépasse, elles répondent trop parfaitement aux demandes, elles rentrent trop facilement dans les moules . Comme l'avait dit Victor Hugo: "Le beau n’a qu’un type ; le laid en a mille.". Et qu'y a-t-il de plus charmant qu'un défaut discret, même pas, une spécificité, une particularité, quelque chose qui ne correspond pas aux attentes de la beauté sur papier glacé? Les femmes disgracieuses ont au moins cette chance, elle provoque chez l'observateur un réel sentiment, elles transportent bien plus de choses. Les belles appellent la bestialité, les laides réveillent l'intelligence. Mais Hécate n'appartient pas non plus aux désavantagées. Non, son physique réclame autre chose, un autre niveau d'évaluation, d'autres adjectifs. Finalement, elle pourrait être classée dans la catégorie des femmes agréables à regarder, une jolie silhouette, même si elle n'a plus vingt ans, une femme mûre qui fait son âge et ne cherche pas à en paraitre moins, une femme qui a vécu. Sa chevelure a foncé avec le temps, sa crinière rousse d'adolescente devenant plus auburn, brune, gardant toutefois ses reflets de cuivre. Elle la laisse souvent dans des coiffures désordonnées ou excentriques, ses mèches bouclées semblant s'enfuirent. Et elle s'en amuse. Sa peau quant à elle est blanche comme un cierge, mais pas de ces jolis teints de rousse, parsemé de tâches de rousseur et qui rosissent au moindre regard du soleil, non, sa peau à elle est simplement pâle, maladive, une peau si fine et translucide que l'on peut suivre sans peine le chemin des veines, celle sur son front notamment, quand elle rigole. Une peau qui est devenu son atout majeure dans la nouvelle société. Son visage est fin, presque carré, sa tête semblant petite sous la masse de cheveux fous. Ses prunelles sont noisettes, agitées de quelques turbulences mordorés alors que celles de sa mère sont vertes et de ce qu'elle lui a dit, celles de son père noires. Sans doute un héritage venu des grands-parents. Ses yeux sont petits et ronds, expressifs et curieux sous leur paupière, un peu étourdis parfois, protégés par l'arc insouciant des sourcils, séparés par la disparition de son nez fin et droit, légèrement recourbé. Mais ce qui fait son physique, ce qui la démarque réellement tient plus d'une attitude et d'une expression, une manière de s'habiller également, que de caractéristiques immuables. Des vêtements dépareillés, criards, accouplant les opposés et les paradoxes, mélangeant les styles, parfois Hécate est plus déguisée qu'habillée. Elle possède une sorte de coquetterie excentrique, une élégance bariolée; la jeune femme marche au coup de cœur, sous l'impulsion, si quelque chose lui plait, elle ne va pas se demander si ça s'accorde bien, elle va se contenter de le mettre. Une drôle d'allure maniérée, presque dansante complète cet unique tableau, elle tangue ostensiblement, marchant sur la pointe de ses pieds, elle perd l'équilibre et repart de plus belle. Ses bras sont de suaves serpents toujours agités, ses mains minuscules des oiseaux enragés. Sa tête dodeline, chancèle comme la flamme d'une bougie. D'une certaine manière, elle met mal à l'aise, car derrière ces gestes étranges on ne sait ce qu'il y a, la folie, l'idiotie ou le calcul.

Caractère : Décrire le caractère d'Hécate revient à demander à quelqu'un comment apparait la lune. Pleine et ronde, creuse et pointue, rassurante et douce ou bien suavement inquiétante? D'ailleurs son nom lunaire redonne bien toute cette dualité, à la fois bienveillante et protectrice, redoutable et mystérieuse. L'âme de cette femme est un parfum bon marché: il s'évapore vite et on le change. Elle s'amuse sans doute de cette inconstance, elle exagère son lunatisme et creuse son excentricité. Vous pourriez la croiser deux jours successifs et ne pas la reconnaître: c'est un serpent qui mue sans cesse. Elle est rarement dure ou même froide, on pourrait la qualifier de joyeuse. Mais une gaieté trop vive, macabre et déplacée, accentuée par des manières inexplicables, des paroles et des gestes soudains et sans sens. Elle choisit un tempérament comme d'autres une chemise et elle en change dès qu'elle s'y sent à l'étroit ou lorsqu'elle y a trop transpiré. Elle a envers son esprit bien plus de soucis et d'hygiène que la majorité des gens pour leur corps.
Hécate est de ces femmes que l'on qualifierait de mante-religieuse ou bien de veuve-noire, si seulement quelqu'un avait conscience de son réel état d'esprit. Non pas qu'elle ait des rapports cannibales avec les hommes, ni aucune boulimie sexuelle, non, chez elle c'est d'une toute autre manière que s'exprime sa faim. Simplement et sans distinction, elle attire, elle intrigue et amuse, elle se laisse approcher avec joie par tous, avec une mine sociable, mais ce n'est que pour mieux savourer la douce folie qu'elle fera couler, pour mieux essayer de faire tourner en rond ses interlocuteurs. Oui, sans aucun remord, elle s'accapare la confiance d'autrui pour ensuite la perdre dans l'ultime but de les abandonner en un labyrinthe absurde. Elle s'amuse. Elle déballe des phrases absurdes à mi-voix, et quand on lui demande de répéter, l'interlocuteur doutant de ce qu'il a entendu, elle reprend d'un ton naturel une phrase banale.Tout pour son plaisir personnel, car tout ce qu'elle veut, c'est rire, observer des insectes amusants. Pourtant, elle sait s'arrêter et faire la différence entre une gourmandise qui deviendrait indigeste et un grignotage calculé qui servirait à faire durer le paquet de cacahuètes jusqu'à la fin du film. Elle sait qu'à se montrer trop envieuse, elle risquerait de tout perdre, attirer les soupçons sur elle signifierait une pause au milieu de sa cueillette, une contrariété de ses envies. Alors elle se fait sage. De toute manière, elle sait prendre avec parcimonie et savourer, pour ne pas risquer une crise de foie. Et elle ne goûte pas de la même manière à chaque personne, certaines savent mieux exister ses papilles. On ne savoure pas de la même manière un champignon de paris et une truffe. Oui, d'une certaine manière, quelques personnes attirent son intérêt et son respect, et au lieu de croquer leur âme, elle préfère les inviter à partager son dîner. Mais si une personne la charmait vraiment, comment tout cela finirait-il? Ne serait-ce pas la plus sublime preuve de foi qu'un sacrifice rituel, le christ n'a-t-il pas promis son corps livré pour nourrir ses croyants? Car Hécate est une convaincue; elle croit à la beauté toute particulière qui fleurit dans ses folles notions, elle cède à la volupté du meurtre puisque son corps lui en refuse une autre. Tuer, c'est son extase toute particulière, comme d'autre fantasme sur des corps nus, elle, elle rêve à des têtes perforées, la crosse de son arme dans sa main, des râles et la chaleur du sang, son cœur cognant sous son sein alors même que celui de son amant-victime se tait. Frigide, elle a remplacé les plaisirs de la chair par cette nouvelle libido carnassière.

Mais elle a trouvé la bonne méthode pour masquer son plaisir malsain: attirer les yeux sur quelque chose de tellement flagrant et criard qu'on ne remarque que cela. Sa garde robe et sa coiffure, ainsi que ses excentricités, ne sont que les accessoires de sa duplicité, de son extravagance volontaire. Les yeux se posent sur elle et ne voient qu'un cas de société, une créature entre fée et sorcière, lumière et ombre, une entité qui effraie vaguement et par cela même fascine.

Dans son jeu de cache-cache, l'humaine se prétend moire, la détraquée simplement originale et la frigide hypersensible.

Comment ne pas y croire lorsque cela parait évident? Hécate vit dans l'excès et dans l'excès elle mélange les opposés, elle floue les contours. Montrez-lui un chat et elle finira par vous convaincre que ce n'en était pas un. Rien n'existe vraiment, elle crée. D'une idée saugrenue, elle construira un monde et y croira dur comme fer, jusqu'à ce que vous l'acceptiez aussi. A ce moment, elle lâchera tout. Et vous avec.

Ne croyez pas cependant qu'elle est folle car ça lui ferait trop plaisir, elle ne l'est pas réellement, elle aime seulement à y faire croire. Il n'y a sans doute pas plus consciente qu'elle et son intelligence calculatrice et loufoque sert ses désirs. Elle sait qu'il vaut mieux qu'on la prenne pour une folle ou du moins une égocentrique plutôt que pour une criminelle. Les gens se méfient des fous, ils les évitent car ils craignent de les rejoindre un jour. Mais on néglige souvent les capacités des aliénés, on ne leur reconnait rien de bon. Etre sous-estimé, si pour la plupart c'est une insulte, aux yeux de cette femme, c'est une chance: celle de surprendre, et peu importe si c'est par un coup bas. Et puis tant que vous ne faite pas de mal, vous pouvez bien être aussi barge que vous voulez, ça ne dérange personne. Par contre si vous jouissez dans l'acte de mort, là il y a moins de chance que l'on vous laisse tranquille.

Ainsi Hécate se définit par un seul mot: Imprévisible.

Autre : Mène le train de vie des moires, se mêlant à eux grâce à son teint pâle, des lentilles, sa capacité à rendre son esprit indéchiffrable et un instinct qui lui permet de deviner plus ou moins ce qui peut se tramer en face.

Avatar : Helena Bonham Carter ~> Hécate Morora

Mot de passe: Eva Desta de Bianca; Pandora Dähmnos; Nefrit Vincendi; Iris Sword [Pourquoi faire les choses en petit quand on peut les faire en grand?]

Où avez vous découvert ce forum ? : C'est mon petit doigt qui à des sources fiables =p

Votre activité sur le forum ? Régulière je pense =) En tout cas, pour les visites, ça sera fréquent, après les postes, ça dépendra des semaines, suivant l'emploi du temps ;)
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Hécate Morora

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MessageSujet: Re: Hécate Morora   Mar 13 Mai - 21:07:12

Biographie: "J'étais le fruit d'un amour secret, c'est ce que me disait ma mère. Un vrai, un bel amour, mais dont on ne pouvait pas parler. Un enfant adultère, je crois que ce sont les mots qu'elle a employé, ses yeux brillaient de voir ces termes tellement épiques entrer dans sa vie. J'étais petite lorsque j'avais su. Il me semble même avoir toujours connu la vérité. Ce n'était sans doute pas cette grande Verité qui mène par le bout du nez la plupart des existences, mais c'était la grande dictature qui devait dérouler son ruban sur ma vie. Un joli paquet cadeau. Qui remercier? Ma mère m'avait tout dit dans les moindres détails, pas vraiment consciente qu'à mon âge, je ne pouvais pas tout comprendre. La fille inavouée, l'enfant de quelques nuits de délice, quelques évasions sensuelles, quelques mots d'amour qui ne coûtaient rien. Et le pire était que tout le monde l'ignorait, personne ne savait. J'aurais sans doute préféré le scandale, l'opprobre publique à cette vie anonyme, sans racine. C'était une frustration que je ne voulais pas endurer. Il fallait que je me hisse à la force de mes poignets, au dessus de ça. Mon père était déjà marié à une autre femme lorsqu'il l'avait rencontrée. Micha, ma mère, si jeune, si belle, si pétillante. Si simple. Oui, simple, il me semble qu'elle l'avait toujours été, je me demande parfois si c'est l'âge qui lui a donné cet air d'idiotie perpétuelle. Naïve aussi. Rien qu'une gamine balbutiante et romantique en somme, un femme exquise aux yeux vides. Très jeune, je me suis sentie plus adulte que ma mère, alors sans le chercher, j'ai pris son rôle. J'aurais voulu détester ce père inconnu qui m'avait laissée avec une mère si ignorante, cet homme qui avait trompé sa femme pour engrosser ma simplette de mère, la laissant ensuite seule pour m'élever, incapable, prétextant un amour impossible. Comme s'il ne savait pas déjà cela en la mettant dans son lit. Il nous a versé beaucoup d'argent -son compte en banque n'a rien du sentir passer- de quoi nous assurer une vie sans encombre, un moyen détourné d'être sûr qu'on ne remuera pas les flaques d'eau boueuse. Et puis Micha me parlait si souvent de ce Prince -c'était ses mots- et avec tant de tendresse mièvre, ses récits étaient si pathétiques, si dégoulinant de niaiseries -comme certaines pâtisseries le sont de crème- que je ne pouvais que me ranger à ses histoires crédules, je ne pouvais qu'accepter d'aimer ce père rendu beau par les paroles d'une attardée. Je ne pouvais faire que cela à l'égard de ma pauvre mère, aimer ce que j'aurais dû haïr, oublier la réalité et m'enfoncer dans son délire.
Avec le temps, je ne me souciais plus vraiment de l'identité de mon paternel, c'était un fantôme, tout au plus. Il fallait se nourrir d'informations factuelles: quelque part, il y avait un homme qui avait donné le coup de départ de la course la plus décisive de ma vie, quelque part, il y avait mon père et grâce à son porte-monnaie, la vie n'était que caprices et futilités. Alleluia. Je vivais ma vie pleinement. Je m'occupais de ma mère avec plus de compassion et de pitié que de réelle affection. Elle devenait un de ces bibelots que vous ne jetez pas, malgré leur inutilité et leur laideur, car ils vous lient au passé, vous les aimez bien, mais ils vous font un peu honte, alors vous les perchez loin, sur une étagère où personne ne lève les yeux. Et ça prend la poussière. Le plus étrange dans tout celà, c'était que le Bibelot était heureux de sa condition. Peu à peu, dans mon âme, elle ne porta par d'autre nom et elle prenait toutes les caractéristiques d'une babiole. Je savais que bientôt, tout brûlerait et savoir de qui j'étais la progéniture n'aurait plus d'importance.

Même en Eden, le ver est dans la pomme. Si, enfant, j'étais le fruit d'un amour impossible, maintenant, je ne suis que ce qu'il en reste. La pourriture."


Les maux dits de l'Année 2027.




En Finlande, les hivers étaient froids et les paysages dépouillés, comme l'étaient en faite la plupart des finlandais, plein de désintéressement matériel. Les gens s'adaptent à leur milieu, comme les animaux. La seconde guerre mondiale avait laissé le pays ravagé et boiteux, il ne pouvait que lécher ses plaies en attendant la guérison, mais au moins avait-il gardé son honneur, son indépendance.On ne se lamentait pas. Il y avait peu de grandes villes le long de la frontière russe, la campagne s'étendait, parsemée de villages comme les prés de fleurs. Hécate allait à l'école, bénéficiant sans doute du meilleur enseignement d'europe, comme n'importe quel enfant de chez elle et une fois les cours terminés, lui laissant tous ses après-midi, elle préférait vagabonder, s'amuser plutôt que de rentrer à la maison. Elle était comme son pays: plus que tout, elle s'accrochait à son indépendance et elle apprenait bien et vite, elle grandissait sans attache, sans attache elle s'envolait. Les années passaient sur son visage avec un rythme irrégulier.

Biensûr, le boulanger, le poissonnier, et la vendeuse de fruits frais, le fleuriste, tous les habitués du quartier adoraient cette gamine des rues qui passait son temps dehors, traînant toujours avec elle sa fierté et son air joviale, ils l'aimaient bien, leur rêveuse rousse, et tous les jeunes hommes des environs la regardaient passer en se demandant si le baiser qu'ils pourraient lui voler, si la main qu'ils pourraient poser sur ses hanches, vaudrait le coup de la gifle qui ne manquerait pas de suivre. Ils étaient certains que oui, et pourtant ils n'agissaient pas, n'osant briser cette flamme si vive et si libre. Les garçons avaient peur de ses regards rancuniers, même s'ils la savaient douce, au fond. Ils savaient qu'à trop approcher le soleil, on s'y brûle, et ils ne désiraient pas enfreindre cette limite tacite, la même qui sépare le spectateur d'un tableau d'art abstrait. La comprendre, c'était ne plus pouvoir s'émerveiller de sa bizarrerie. L'approcher de trop près, entrer dans son espace aurait été un sacrilège, ils craignaient qu'à pénétrer dans son cercle, toute la magie s'envole. Elle était la boîte de Pandore du quartier. Ils ne voulaient pas que cette apparition se transforme en femme banale, alors ils la laissaient papillonner. Une cage, qu'elle soit faite de pierres ou bien de bras aimants et protecteurs, aurait terni son éclat. La frôler des yeux leur suffisait donc, ils se grisaient à l'imaginer dans d'autres situations, plus coquaces, ils se plaisaient à la croire venue d'ailleurs. Ils aimaient voir ses colères soudaines, aussi fugaces que des orages d'été. Elles passaient vite, mais l'agacement faisait un beau bijou à ses traits de poupée, l'ombre des nuages faisait briller ses prunelles. Hécate était un personnage de romance que chaque passant s'amusait à emprunter pour ses histoires personnelles, rien que son prénom suffisait à transporter dans des vieilles mythologies poussiéreuses sentant le livre humide. A la fois douce et imprévisible, saine et intrigante, une héroïne qu'on pouvait miraculeusement croiser ailleurs qu'entre les pages d'un livre, et pourtant, elle restait de "là-bas", inaccessible. Néanmoins, tous savaient bien que cette créature étonnante n'était pas moins ordinaire qu'eux, ce n'était que la fille qui habitait la maison du coin de la rue. Alors elle restait cette demoiselle qu'on ne touchait pas, que l'on n'approchait pas, et qu'on suivait des yeux en souriant. On écoutait ses répliques téméraires, on devinait sur le pavé le bruit de ses petits pieds énergiques. On parlait de sa mère qui ne sortait guère de la maison, se penchant seulement à la fenêtre lorsque le ciel était dégagé et que sa fille n'était pas là pour la tenir à l'intérieur. C'était une maison de femmes, et on se demandait comment elles pouvaient bien vivre alors qu'aucune d'elles ne travaillait. C'était un mystère qu'on ne cherchait pas à élucider, cette étrangeté faisait partie des habitudes. Tout le quartier avait appris à vivre autour de cette étincelle qui connaissait tout le monde par son prénom.

La maison était simple, un de ces bâtiments de bourg, étroit et tout en étages. Hécate avait insisté pour emménager dans la pièce tout en haut et le Bibelot, sans comprendre, avait accepté.. Le plafond était peut-être bas, et il faisait une chaleur lourde sous les toits lors des jours les plus chauds de l'année, mais de là, elle pouvait voir l'océan gris et doré des toitures de la petite cité et derrière la berge nue des champs. Cette vue lui plaisait, elle se sentait forte, dominante, convaincue qu'elle avait au moins ce pouvoir là: être la seule à posséder pareil panorama. Elle se sentait comme une statue attendant son heure, regardant les promeneurs, tout en se disant, tout en se promettant "Bientôt. Vous verrez... Bientôt ce sera moi.". Et pourtant, elle ne savait pas ce qu'elle attendait, ce qu'elle se promettait. Elle se contentait de le faire. Sa mère passait son temps à errer dans la bâtisse et à la regarder avec un œil tantôt joyeux et déluré, et tantôt triste, aussi triste que la mer verte des jours de pluie. La frêle femme, dans des éclairs de lucide intelligence, comprenait que son enfant ne voyait en elle qu'une charge. Elle aurait pourtant voulu couver sa fille comme une de ces perles rares qu'elle aimait tant, la garder toujours près d'elle, comme le souvenir entretenu de son amant, elle aurait voulu l'enfermer dans la maison, comme pour justifier son teint que le soleil ne semblait pas vouloir réchauffer. Garder son bébé contre elle, dans la tendresse moite de son affection, la seule chose concrète qu'il lui restait de son amour tonitruant. Sa fille était devenue le centre de son monde et de ses regards, c'était l'héritage d'une nuit d'amour qu'elle revoyait souvent. Heureusement, si elle ne savait pas être mère, elle arrivait à donner à sa fille ce qu'il lui suffisait. Ou alors c'était Hécate qui se servait elle-même, mais ce n'est pas important. Sans argent, la situation aurait été bien plus difficile et assurément elle n'aurait pas su endurer une mère si lente et empotée. Mais tant qu'elle pouvait s'échapper, tout se passait bien. Une raison de plus pour ne pas afficher une photo de son père pour s'en servir de cible pour fléchettes. De toute manière, elle n'avait pas de photo, pas plus qu'un nom, et ne savait même pas à quoi il ressemblait. Pourquoi avait-il fait cela? Jamais elle n'avait compris si c'était par remord ou par pitié qu'il avait donné cette compensation financière, il aurait très bien pu les laisser sans aucune autre attention, les traiter avec dédain, disparaitre simplement, sans plus de politesse. Après tout, il n'avait violé personne, il n'avait pas promis un amour éternel. Oui, il aurait pu partir sans un regard en arrière, semant dans son dos une trainée de haine comme d'autres le font avec de la poudre.



"Avec la fonte des glaciers, la montée des eaux et avec le temps, mon pays est devenu une péninsule. Une sorte de branche maigre qui sort du tronc de la Russie et au lieu de se perdre dans le bleu du ciel, se noit dans celui de l'océan froid. Il y a beaucoup de réfugiés, des errants qui ont vu leur maison, leurs biens engloutis avec lenteur. Ils n'ont plus rien, seulement une possibilité: la fuite. Courir loin devant, avancer et espérer trouver un endroit à l'abri des vagues, tout en sachant qu'on ne pourrait jamais leur rendre ce qu'ils avaient perdu. Les assurances n'avaient pas préparé ce genre de problèmes, et des milliers de gens sont en colère, impuissants, au pied du mur, crevant la faim, sans logement. On doit tous s'entasser, cohabiter, les chanceux qui sont assez haut pour ne pas être immergés doivent partager avec les réfugiés climatiques. La tension monte au moins autant que le niveau des océans. La face du monde a changé. Nous, à l'est, nous sommes accrochés au bord de la Russie comme d'autres à une bouée de sauvetage. Des rescapés d'un naufrage, un naufrage mondial, l'europe prend l'eau et commence à couler. Parfois je regarde par la fenêtre de ma chambre. Je me demande si au loin, c'est la mer que je vois. Oui, la face du monde a changé. Et je crois qu'elle changera encore."

Les maux dits de l'Année 2032.


Hécate était une adolescente sage, atypique dans tout ce qu'elle faisait, incompréhensible mais appliquée, serviable, pleine d'assurance. Elle portait un soin particulier à ses études, mais à vrai dire l'apprentissage coulait sur elle, en elle, elle ne passait jamais des heures à travailler. Entre ses doigts, tout devenait simple, comme dénudé, il ne restait que l'essence de l'essentiel. Elle se posait des questions sur son avenir, comme tous les jeunes de son âge. Elle aurait voulu ne pas avoir d'attache, être libre et importante car elle avait besoin de l'estime d'autrui, leurs regards envoutés surtout. Le pouvoir, l'art et le mystique étaient les territoires sauvages et vastes qui s'étalaient sous ses pieds, les pays étrangers qui l'attiraient le plus. Ils étaient aussi contradictoires qu'elle les voulait complémentaires. Son esprit agile tentait de tordre ces mots, de les apprivoiser, faire en sorte qu'ils s'épousent. Elle les essayait un à un, elle les enfilait comme une cliente difficile dans un magasin, se mirant longuement dans une glace, sous tous les angles avant de secouer la tête et passer à l'article suivant, quitte à revenir sur celui-ci un peu plus tard. Elle essayait tout, elle jouait au pique-assiette, développant de manière plus ou moins approfondie des connaissances, des talents aussi divers qu'inutiles. Elle ne se lassait jamais d'apprendre, son carburant était la nouveauté. Longtemps, à la petite école, on lui avait laissé voir un monde étroit et carré, un monde à sa portée, où tout était résolu, où après un point d'interrogation venait toujours une réponse avec une majuscule au début de la phrase, un monde où tout avait sa place. Où tout tenait dans la paume de sa main si elle consentait à bien apprendre ses leçons. En grandissant, elle avait découvert que l'univers était bien plus vaste, qu'il y avait bien plus d'ombres que sur les cartes bien éclairées du cours de géographie. Son appétit, sans craindre d'être trop rapidement rassasié par un si énorme gâteau, avait entrepris d'accroitre aussi vite que la jeune fille voyait les parois de son environnement bien clôturée s'élargir, éclater. Aurait-elle jamais pu deviner que l'avenir lui réserverait une tâche bien différente, un chemin qu'elle n'avait jamais imaginé fouler, tellement loin des horizons qu'elle concevait? Pourtant, à sa manière, son futur n'a-t-il pas emprunté un peu à chacun de ses domaines de prédilection?
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Hécate Morora

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MessageSujet: Re: Hécate Morora   Mar 13 Mai - 21:09:28

En quittant le lycée, elle a d'abord entrepris une faculté de lettres, prenant un maximum d'options et de spécialités pour se sentir capable de tout. Elle reniflait, frôlait de la lèvre, mâchait, faisait rouler sur et sous sa langue, ingurgitait puis finalement digérait toutes les exigences du style mais pas seulement, en plus du finlandais et du finnois, les deux langues nationales apprises à l'école, et de l'anglais qu'elle avait déjà avalé, Hécate avait choisi d'ajouter le russe à sa collection. Journaliste, internationale les jours d'ambition, pour crier la vérité, plus ou moins ciselée, aux yeux de tous, être au cœur des conflits, des débats, avoir une influence? Ecrivain à succès, pour inspirer et emmener sur les flancs des mots des lecteurs avides et fades, les sortir de leur vie étriquée? Elle ne savait pas trop ce qu'elle voulait. Elle voulait un peu de tout et à tout désirer, elle ne prit rien. Elle passa quelques mois à suivre des cours d'art, histoire de l'art, s'inscrire dans le temps avec une œuvre était peut-être une solution à ses envies. Un tableau exposé dans une galerie serait égal à ses yeux à une photo d'elle publiée dans les journaux ou à son nom imprimé sur la couverture d'un livre. L'immortalité l'appelait aussi sûrement qu'elle savait que les hommes n'étaient que des créatures faibles, des fourmis écrasées sous le pied d'un quelconque géant.
Une école de droit et politique succéda alors, sans qu'elle sache ce qu'elle pourrait concrètement en faire, ce qu'elle voudrait en faire. Aux avocats, elle enviait plus les grands discours qui débordent, qui convertissent, leur aisance et l'admiration qu'ils inspiraient plutôt que leur pouvoir à sauver des innocents, comme des coupables d'ailleurs, leur capacité à défendre la veuve et l'orphelin. Les beaux principes, Hécate n'y crachait pas dessus, mais elle ne tracerait pas sa vie d'après eux. Les politiciens étaient également auréolé d'une aura indescriptible pour elle, comme les avocats il fallait que leurs propos semblent passionnés pour que l'auditoire accroche, mais ces êtres là ne se contentaient pas de briller dans les salles de justice, non eux ils avaient le public, les journaux, la télévision, ils déchainaient l'opinion. La haine, la ferveur, ils ne laissaient pas indifférent, ils touchaient à tout, ils décidaient.

Quand la guerre éclata, quel regret de ne pas avoir fait partie de ceux qui avaient décidé...


"Depuis trois jours maintenant, il n'y a plus de lumière dans la ville. Comme un cœur qui arrête de battre, à l'unisson, tous les lampadaires, les néons des enseignes lumineuses, les fenêtres, toute source de clarté s'est éteinte. Même le soleil. Les premiers cris ne sont venus qu'après. Je ne sais pas comment nous avons sut que la guerre avait éclaté, d'ailleurs, on ne sait rien de plus pour l'instant, qui a déclenché les hostilités, contre qui, personne n'arrive à capter la moindre onde radio, et faute d'électricité, les télévisions restent mortes. De toute manière, par temps de guerre, reste-t-il des gens pour produire des émissions de télé, même des programmes d'informations? Je ne sais pas comment on l'a appris. Peut-être que c'était simplement gravé dans l'air. Quand on a sombré dans le noir, on a compris ce qui était entrain de se dérouler, aussi sûrement qu'un animal tremble en voyant sa patte coincée dans un piège, car la douleur et l'odeur du sang lui disent qu'il va mourir. Nous savions, conscience collective, que nous étions des centaines, des milliers de proies angoissées bloquées dans le même traquenard. Le froid et la poussière commencent à tomber mollement sur nous comme une pluie d'un nouveau genre. Il va falloir se battre pour sa survie, plus de grandes idées, de grands principes, plus de solidarité. Si un des pris au piège prend trop de place, si sa perte peut faire notre chance, alors on mord jusqu'à ce que les nerfs et les muscles lâchent. Il n'y a pas plus simple, plus cruelle et plus instinctive que la loi de la jungle. Il suffit de gratter superficiellement le vernis de civilisation qui orne les humains et on découvre en dessous, effleurant sous la peau, le sauvage, la bête. Le ciel a une drôle de couleur sombre, son gris se tâche d'un jaune sale, malade, nullement lumineux. Il s'étend à l'infinie, sans la moindre variation, s'assombrissant seulement par moment. Mes yeux se baissent pour tomber comme l'air lourd sur les toits, puis couler dans les rues. Depuis longtemps, les gens d'en bas crient que c'est la fin du monde. Ca court sur le goudron, ça pleure, ça s'étreint et se bouscule. Certains prient, persuadés qu'il faut réclamer le pardon pour leurs pêchés avant le moment du jugement dernier, ils s'exclament avec des sanglots fervents dans la voix que tout cela n'est qu'une punition divine, qu'il faut se repentir, que le seigneur est bon et qu'il accordera la rédemption aux âmes sincères. D'autres pilent, volent, tuent, ils osent faire ce qu'ils n'ont jamais fait avant. Puisque de toute manière, ils vont mourir, ils n'ont plus rien à perdre, ce qui les retenait avant -la prison- n'a plus lieu d'être. Les vitrines des magasins sont fracassés à coup de pavés, on se bat pour l'alcool en s'assommant à coup de bouteille -une de moins- qui aura la chance de pouvoir être assez saoul pour ne pas se rendre compte qu'on est tous entrain de mourir? Les fenêtres des maisons sont défoncées elles aussi, les intrus s'infiltrent comme l'eau s'infiltrait il y a des années, grignotant tout. J'ai barricadé tant bien que mal la porte et placé des armoires contre les vitres. Je doute que ça retienne un fou réellement motivé, mais ça le retardera toujours un peu. J'ai poussé le Bibelot dans les étages, pris tout ce qu'on pourrait avoir besoin et j'ai ensuite balancé dans l'escalier tout les meubles possibles pour boucher le chemin. Qu'ils prennent ce qu'ils veulent au rez-de-chaussé, ça n'a plus d'importance.

...D'après ma montre, cela fait neuf jours que je reste accrochée à mon poste d'observation. Je crois que personne n'a jamais vu ce que je vois. Les victimes de meurtres s'ajoutent aux cadavres des malheureux qui ont fini piétinés sur le bitume, sans distinction. Leur sang... Les ruelles sont devenues rouges, comme le bas des murs crépis. Un instant, je me dis que cette couleur est plus belle que le jaune terne que je connaissais avant. Je devine à peine des silhouettes qui rodent. Tout s'est calmé. Les couleurs ne changent pas, le ciel reste le même sans discontinuer, je me demande bien si c'est cela, la fin du monde: savoir que le soleil ne se lèvera plus. Où est-il parti? La nuit quant à elle s'est encore approfondie, elle étend son empire, il n'y a plus de notion de temps, et si les aiguilles n'indiquaient pas les heures sur mon cadran, je crois que je serais bien capable de me demander si cela fait quelques minutes ou des années que j'attends un quelconque miracle, une lumière libératrice. De temps en temps, un coup d'œil dans le miroir me rassure: je suis toujours la jeune femme de vingt-cinq ans que je connaissais avant cette Nuit. Je me demande ce que nous deviendrons, lorsque les piles de ma montre seront épuisées. Je me demande qui crèvera en premier, moi ou ces fichues piles.

... Je viens de gifler le Bibelot. Elle n'arrêtait pas de faire des allers-retours nerveux en piaillant comme une poule poursuivie par un renard. Elle descendait au premier étage, ouvrait un a un tous les placards, grattait ses mains pointues contre les étagères, cherchant je ne sais quoi. Elle voulait s'approcher des fenêtres mais elle s'arrêtait toujours avec un hoquet aigu, n'osant pas s'y risquer de peur que quelqu'un la voit et lui lance quelque chose je crois. Elle hurlait, elle gesticulait, des larmes restaient bloquées dans ses rides et dans les creux de son visage déformé, son corps puait l'animal traqué; elle ne comprenait rien à la situation. Je suis descendue pour essayer de la calmer, la raisonner. La faire taire. Elle n'entendait rien, je ne sais même pas si elle me reconnaissait tellement l'anxiété voilait sa face. Ses yeux verts étaient agrandis par la prophétie de nos morts toutes proches, son teint plus cireux que jamais, seules ses lèvres et ses pommettes étaient d'un rouge soutenu, à cause de son agitation. Elle battait de ses bras maigres comme s'il s'agissait d'ailes. Je me suis approchée encore, lassée d'essayer d'expliquer à cette chose une notion au dessus de sa conscience. Je ne savais pas ce que j'allais faire, mais ma main savait. Mes doigts ont ajouté une nouvelle trainée rougeâtre sur sa face. Elle n'a plus bougé d'un pouce, sa bouche légèrement entrouverte sur une plainte étouffée, plus une blessure morale que physique; je n'avais pas frappé fort bien que ma gifle ait bruyamment claqué. Une mèche rousse était passée sur elle, se coinçant dans ses cils. Je crois que c'est la surprise qui l'a paralysée. Elle s'est laissée glisser dans un fauteuil, toujours la même expression plaquée sur le visage, son regard figé droit devant elle. Elle ne me voyait plus, elle ne pensait plus. C'était bien. Le silence s'est abattu sur la maison. J'ai fait demi tour et j'ai gravi les escaliers pour remonter dans ma chambre. Après tout, j'étais descendue pour qu'elle arrête. Elle s'est arrêtée. Dans la dernière vision que j'ai emportée, elle n'avait pas bougé. Ca doit bien faire vingt minutes.
Je viens d'entendre un bruit en bas. Ses ongles ont recommencé à crisser contre les derniers meubles, sa voix étranglée ose timidement s'élever, à chaque instant elle couine un peu plus fort.

... Je viens de me réveiller, sans savoir où je suis. Il fait noir. Que se passe-t-il? Je me cogne contre un angle, un meuble. C'est l'obscurité et le vide de mon cerveau que je pénètre, je me demande ce que je vais trouver. Il est difficile d'attraper un chat noir dans une pièce sombre, surtout lorsqu'il n'y est pas. Une seule certitude: je suis en vie. Car assurément, si j'étais morte, je ne ressentirais pas ça. Un instant, terrible, je ne suis que cela, seulement cela, je ne l'ai jamais autant été, en vie. Je n'ai pas d'identité, il n'y a que deux catégories, les morts et les vivants. C'est un fardeau qui tombe. Je ne me suis jamais senti aussi capable que dans cette courte amnésie. Je suis jetée dans le vide et comme je ne sais pas que mon corps n'est pas fait pour voler, j'y crois, je n'ai pas peur. Oui, ça ressemble à ça. Puisqu'il n'y a rien, c'est qu'il y a peut-être tout. Aucune barrière pour me dire "puisque tu es cela, tu ne peux pas être ceci, c'est logique". Plus de logique.
Et puis tout me frappe avec insistance, je me souviens, un peu rassurée, un peu déçue. Je suis cela, seulement cela. Ce n'est pas dans un meuble que j'ai buté, c'était le Bibelot, qui ne bronche toujours pas. La salle de bain, dans le noir je fais couler un peu d'eau dans mes mains. Je n'ai pas besoin de la voir, je sais qu'elle n'est plus translucide. Des gens, je ne sais pas lesquels, parlent de radioactivité. Je m'asperge le visage avec cette eau sale et je me redéfini, je me rassure. Je suis Hécate, j'ai vingt cinq ans, je fais mon droit. Non, je faisais mon droit, et maintenant je survis. Je soupire: le néant me plaisait, je trouvais les ténèbres magnifiques puisque je ne savais pas ce qu'ils voilaient. Je pouvais tout imaginer, tout pouvait être vrai. Maintenant cette beauté est morte avec le retour de ma connaissance. Aurais-je pu un jour deviner que je regretterais de savoir?
J'ai voulu mettre de la musique. Un peu de jazz, oui ça aurait été parfait. J'avais oublié qu'il n'y avait plus d'électricité. J'en reviens toujours au même, mon nouvel écran de télévision: la fenêtre. Je regarde, j'écoute, je sens ce qu'il se passe car je ne peux rien faire d'autre. Est-ce normal de ne pas avoir peur, pas réellement, est-ce normal de ne pas trouver ça affreux, est-ce normal de ne pas chercher une échappatoire? Non. Non, je ne suis pas normale. J'entends, je vois, je sens tout mais ça n'évoque qu'un grand vide en moi. Je n'ai pas différencié le contact de la peau du Bibelot à celui d'un meuble. L'eau était-elle froide tout à l'heure? Je regarde le spectacle de la cité dans le chaos, quelque part, des maisons brûlent, il y a des flammes blanches qui se cachent derrière un mur. Je ne réagis pas, je suis loin, comme si tout cela n'était qu'un film. Pire: je trouve cela beau. J'ai pris quelque chose à manger, ce n'est ni bon, ni mauvais. Si de la noirceur, j'ai repris mes souvenirs, mes connaissances, je crois qu'elle a gardé mes sens, à de mineures exceptions près. Je commence à m'ennuyer ferme. "


Les maux dits de l'Année 2035.


Sans savoir comment, sans savoir pourquoi, ce qui découlait des sensations s'était stoppé. Il n'y avait plus de liaison entre le ressenti et la réflexion. Il y avait des contacts qui n'évoquaient plus rien, des odeurs qui auraient du la répugner et ne la répugnaient pas. Peut-être était-ce le seul moyen qu'Hécate avait trouvé pour ne pas sombrer dans l'hystérie de sa mère. Il ne fallait pas avoir d'état d'âme quand on voyait la chair semblable à de la confiture, écrasée sous la chaussure d'un survivant. Il ne fallait pas que le cœur s'emballe en entendant au loin, quelque part, à trois pâtés de maisons, peut-être moins, un coup de feu, un cri. Le corps de la jeune femme était mort ou alors il s'était entièrement coupé du monde extérieur. Elle était pure pensée, elle n'avait pas mal, elle n'était pas dégoutée. Mais elle s'ennuyait ferme.
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Hécate Morora

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MessageSujet: Re: Hécate Morora   Mar 13 Mai - 21:11:41

"... On a eu beau rationner, on commence à crever la faim. On n'avait pas prévu ce qui allait se passer, on n'avait pas eu le temps de faire des réserves de nourriture. Et l'eau. Il n'en reste plus, le robinet a simplement arrêté de cracher son liquide vicieux. Le Bibelot ne sort plus de ma chambre maintenant, elle reste prostrée comme un chien terrifié entre mon lit et le mur. De temps en temps, elle échappe un gémissement en se balançant d'avant en arrière. Je me dis que je devrais la réconforter, la prendre dans mes bras, mais je n'ai pas cet instinct, je sais bien que ça ne serait pas naturel. Avec ma fuite sensorielle, sa présence est devenue aussi dérangeante et bénigne que le goutte à goutte d'un tuyau mal fermé. Je la regarde à peine maintenant. On n'a pas le temps de penser à ça. J'ai faim. Mais ça commence à peine. Mon corps, piqué par ce vide qui le tiraille, mes muscles commencent à se réveiller. La phase d'observation est terminé, on ne peut plus reculer, on ne peut plus attendre. Il faut agir, il faut trouver. La chasse commence.
J'ai mis plusieurs heures et pas mal d'énergie à déblayer un passage dans les meubles enchevêtrés. Et tant pis si des pilleurs viennent, ils ne trouveront rien de comestible, rien d'autre que ma mère. Je ne sais pas encore où je vais aller pour dénicher quelque chose, peu importe quoi, tout est bon à prendre. Dans le vide de mes entrailles tournoient une nouveauté. Adrénaline.

...Il y a des gens qui disent qu'ils ont vu d'autres gens se transformer en monstres. Je les ai entendu durant l'une de mes précédentes excursions nocturnes. Chaque soir -chaque fois que ma montre indique 22h- je laisse le Bibelot et je pars. Je ne reviens qu'au cours de la nuit, le "matin" quand je suis allée loin. Pour l'instant, ça nous réussit bien. Je ramène toujours quelques bouteilles d'eau prise à la rivière. L'endroit idéale pour tomber dans un piège, comme en afrique, les prédateurs savent que toutes les proies ont besoin d'eau pour survivre, alors ils attendent là, ils guettent. Et puis je rapporte ce que je trouve, pour manger. C'est de plus en plus difficile, au début, on trouvait des magasins éventrés, on n'avait plus qu'à se servir, maintenant il faut sortir de la ville, pousser dans les campagnes, vers les fermes, il y a du bétail, des champs, des jardins. Les plantes commencent à mourir, comme tout en réalité. On ne sait pas ce qui nous tue, on voit seulement des hommes s'effondrer. Bientôt il n'y en aura plus, plus assez. La terre est entrain de crever.
Le Bibelot ne mange pas beaucoup, moins que moi. On pourra encore tenir. Et la seule chose que je ressens, c'est la fatigue. J'apprends des choses, quand je me cache. Oui, les gens disent que le mal est entrain de s'infiltrer dans la ville, qu'il modifie les corps. J'ai vu un homme sur le goudron, la bave aux lèvres, agité de spasmes. On m'a dit, avec un petit sourire triste, que celui-ci ne survivrait pas à sa mutation. On commence à comprendre, on commence à se dire que peut-être, certains résisteront. De toute façon, s'il n'y avait pas ce maigre espoir, est-ce que nous nous battrions avec autant d'acharnement pour un seul morceau de pain ou pour une orange?

...Quand je suis revenue, la maison était vide. J'ai vérifié dans chaque pièce, me demandant si je trouverais son cadavre blanc sur le parquet. Puis je suis montée dans ma chambre avec mon trésor, je l'ai posé sur le bureau. Je mange un bout de fromage. Je lui en garde, pour quand elle reviendra. Au cas où elle revienne. J'espère qu'elle reviendra.

... On les appelle les Moires. Ceux qui ont survécu aux mutations. Ils sont plus forts, plus rapide, et surtout ils nous "sentent", ils sentent notre esprit. Ils encaissent mieux le manque d'oxygène et de lumière, ils sont en meilleur santé. Ils prennent toute la nourriture, on ne peut rien faire. On ne peut pas rivaliser. La rancœur monte, je crois que tout va exploser. Il va y avoir la guerre à l'intérieur de la guerre. On ne trouve plus rien à manger. Micha n'est toujours pas revenue.
En vadrouillant, j'ai déniché un petit groupe en pleine discussion. Ils n'ont pas su se taire avant que j'arrive. La plupart d'entre eux sont jeunes, aucun n'a plus de quarante ans, les plus jeunes doivent avoir une quinzaine d'années, des adolescents. Surtout des hommes, et quelques rares femmes, toutes possédant alors un air coriace et vif. Il ne reste que les plus résistants, les gosses, les vieillards, les faibles, ceux qui n'ont pas pu se dégoter à manger ou quelqu'un pour le faire à leur place sont déjà morts depuis longtemps. Je ne me demande pas comment j'ai pu tenir jusqu'ici, moi qui n'ai jamais eu une force quelconque. Je me souviens d'une prof qui disait que quoi qu'il se passerait, j'étais débrouillarde, j'irais loin.
Ils parlaient de vengeance contre ces moires, une mutinerie presque, bien qu'il n'y ait officiellement aucune domination explicite. Ils m'ont dit... Ils m'ont dit que si j'adhérais à leur projet, si je les aidais, ils partageraient le peu de nourriture qu'ils avaient avec moi. Quand une aubaine pareille se présente, on ne réfléchit pas: on referme ses doigts dessus. Je les ai amené à la maison. C'est devenu notre QG. C'est bien connu, l'union fait la force. Personne n'ose approcher de trop près ce lieu animé. Pour l'instant. Comme dans les banlieues d'avant, le quartier est devenu notre zone. On part "chasser" en groupe, on se relai. La vie devient plus simple, même si les denrées sont de plus en plus rares. Je ne ressens pas grand chose pour tout ces désespérés qui vivent avec moi, même pas ce que l'on appelle la solidarité. Je crois qu'on me respecte, même si je ne suis pas la plus vieille, ni la plus impliquée: c'est moi qui ai fourni la demeure, je suis la maitresse de maison en quelque sorte. Ils me sont reconnaissant. Je mange bien.

... C'est moi qu'ils ont choisie, car on a découvert que les Autres n'arrivent pas à pénétrer mon esprit. Si je me fais attraper, je ne pourrais rien révéler malgré moi. Ce soir -quand les aiguilles pointeront 22h- il faut que quelqu'un aille dans le nord de la ville, là où les moires sont regroupés. Je n'ai rien dit, quand ils ont décidé à ma place que j'irais. On m'a tout expliqué: on serait un petit groupe à monter vers le nord, ils m'accompagneraient tant qu'ils pourraient. Puis après, il faudrait que je me débrouille seule. Que j'entre dans une maison, n'importe laquelle. Que je récupère tout ce qui pourrait être utile. Et surtout, que je tue un moire, deux moires, trois moires, autant qu'il y en aurait dans la maison. C'est à cela que sert le silencieux que j'ai dans la main. Ils ne se sont pas soucié de savoir si je savais m'en servir ou non. De toute manière dans le groupe, personne ne sait s'en servir, alors moi ou un autre de toute manière... Au moins, on ne peut pas lire mes pensées.

... Je n'ai pas eu le temps de rentrer dans une maison, un de ces moires m'a vu avant. Ils étaient deux mais un seul s'est approché. C'était un homme, un grand black avec des dreads. Je l'ai regardé venir, l'arme était à l'arrière de mon pantalon. Je n'avais pas peur, je savais que quoi qu'il se passe, j'allais mourir. Soit il me tuait directement, soit je le tuais, et l'autre moire me rendrait la monnaie de ma pièce. Autant ne pas gacher de balle inutilement. Le noir a plissé ses yeux sombres et m'a demandé si j'étais une nouvelle moire. J'ai acquiescé, me demandant pourquoi c'était aussi simple. Il m'a sourit -à peine un rictus sur ses traits tendus- et m'a fait un signe comme quoi je pouvais venir, j'étais la bienvenue. J'entrais dans le clan des moires, chez mes ennemis. Dans la gueule du loup... Je suis débrouillarde, j'irais loin.

... Avec le temps, j'ai compris que c'était mon teint blafard qui avait fait illusion. Ils n'avaient pas remarqué mes yeux ce soir là, j'ai eu le temps de me procurer des lentilles. Avec un peu d'instinct et de discernement, du calcul aussi, je pouvais presque leur donner le doute, sous-entendre que je savais ce qu'ils pensaient. Sans avoir aucune de leurs caractéristiques, j'étais devenue une des leurs. Quand j'ai pu, j'ai ramené de la nourriture aux humains. Ils me voient comme leur meilleur atout, leur arme secrète, l'élément qui risque sa vie et progresse entre les lignes ennemies, si habilement! Moi, je vois seulement que je joue sur les deux tableaux, que je profite de ma fausse identité de moire pour manger et de ma vrai identité d'humaine pour... manger. Je leur rapporte ce qui se dit, je suis leur oreille chez l'adversaire. Je me cache derrière une haine immense pour ces êtres qui ont mutés, ces êtres avec qui je vis maintenant, ces êtres qui nous ressemblent encore, ces êtres qui étaient nous et cherchent seulement à survivre. Je me cache derrière une haine que je ne ressens pas. Je leur ai dit qu'il fallait attendre. Quand je serais bien intégré au sein des moires, qu'ils auront confiance, là, je pourrais tuer sans éveiller les soupçons.
Anton, le grand black, m'a pris sous son aile chez les moires, personne n'osera me poser de soucis. Nous passons la plupart de notre temps ensemble, il me dévore. Lui, il a faim et je lui donne ce qu'il veut. C'est facile de faire croire, ce rôle est confortable, je m'incruste en eux comme lui en moi, mais je trouve cela triste. Il ne pose pas de question, il sent bien pourtant que quelque chose ne va pas chez moi, mais je lui accorde ce qu'il veut. Il s'attache à moi, ça n'a pas d'importance, lui ou un autre, je ne ressens plus rien.

... Le temps passe, je repousse le moment de tuer l'un de "ceux avec qui je vis". Pourtant, il va falloir. Qui choisir? Il faut un moire que je ne connais pas, même pas le nom, savoir comment il s'appelle serait déjà le connaître. Le premier que je croise? Ce serait risqué de procéder ainsi, il pourrait y avoir un témoin. Non, il faut que je prépare les choses, que je sois sûre de ne pas être surprise. J'ai eu le temps de tirer un peu, pour chasser. Ce n'est pas vraiment un entrainement mais je sais que je pourrais tuer quelqu'un maintenant. Je le sais, et ça ne me fait rien, pas le moindre frisson. Même ma culpabilité a venir est absente. C'est comme un corvée, une simple corvée à faire avant de la rayer de ma liste.

... Le sang est plus épais que ce que je pensais, sur la moquette. Un râle de satisfaction m'échappe, me surprend. Je soupire d'aise en contemplant le cadavre de mon inconnu abattu contre le mur. A tous les égards, il m'a comblé. Je crois que c'est cela l'amour, ce que je ressens à cet instant, le sentiment fatal et immense que tout a été fait pour le mieux. Mes bras et mes jambes fourmillent, sur ma peau je sens un faible courant électrique, je frissonne et referme un instant mes paupières sur les étincelles de ce sentiment de plénitude. Jamais odeur n'a été si entêtante, jamais le rouge n'a été si rouge, jamais un soupir ne fut plus beau que celui de ma première victime. Tout a été exalté, soudain, par une balle dans sa nuque. Je le trouve beau dans la mort, mon inconnu, lui qui vivant était si banal et n'appelait rien en moi. J'aimerais emporter quelque chose de lui, mais je ne fais rien, je grave seulement l'image de ce moment de pur plaisir, les nerfs enfin rattachés à mes sentiments. Comme une amante discrète, je sais qu'après cet orgasme arraché, il est temps de partir dans l'ombre et le secret. Je retourne dans ma chambre, Anton n'est pas là, je me couche et encore tremblante de la puissance de ce qui m'habite, je m'endors pour n'être réveillée qu'au matin, par le visage sombre et brumeux de mon moire qui m'annonce qu'un des nôtres à été tué. Au souvenir de cette nuit, je ne peux que cacher mes sourires derrière une mine inquiète...

...Quand je suis venu chez les humains pour leur dire que j'avais enfin tué un des Autres, ils ne me reconnaissaient pas. Ils ont cru que j'étais droguée, se sont inquiétés de savoir si c'était une espèce de choc psychologique suite au meurtre, quelque chose proche de l'hystérie. J'aurais voulu leur dire que j'étais amoureuse, un amour que j'avais tué et rendu immortel, que je glorifiais et entendais renouveler par un hommage brûlant, un nouveau sacrifice sous peu. Puis quand ils ont compris que tout allait bien, ils se sont mis à rire, à rire, et moi je riais avec eux, pour la première fois, pour la première fois je les voyais vraiment. Dimitri, Vérence, Jack, Ivanov, Kallista et les autres. Pour la première fois, ils n'étaient plus de vulgaires agglomérats de viande. Avec nos maigres moyens, nous avons fêté mon bain de sang. Eux, ils louaient mon bras qui était l'arme de leur vengeance. Moi, je louais cette passion ultime qui prenait source en moi et se gargarisait dans le crime.
Je passe plus de temps avec eux maintenant. Je crois qu'il est temps de donner à notre organisation un nom. Les Ailes Anciennes me parait bien, peut-être un peu ampoulé, mais il rappelle ce que nous avons tous été, moires et humains. Pour l'instant, rien n'est définitif, mais moi, c'est ainsi que je nous appelle.
Nous sommes mieux organisés maintenant. Même si notre situation reste précaire, nous avons une faible réserve d'avance pour la nourriture. On n'a pas pu rester dans mon ancienne maison, il a fallu l'abandonner. Les moires ne se contente plus de prendre tout ce qui est vital. Maintenant, ils pourchassent les miens. On se regroupe comme on peut là où ils ne viendront pas nous chercher. Notre petit groupe grossit, des gens viennent de partout, il y a des anglais, des russes, des italiens, des français, des africains. On apprend sur le tas un peu toutes les langues qui circulent parmi nous et notre nouvelle langue n'est qu'un mélange où se cogne mots latins et slaves. C'est un fouillis de civilisations emportées, on les cisaille, on les emboite car tous ici, nous avons besoin de garder d'anciens repères et de nous trouver une nouvelle identité commune.
Avec toutes mes absences, Anton suppose que j'ai un amant.


Les maux dits de l'Année 2036.


Dernière édition par Hécate Winslow le Mar 13 Mai - 22:09:40, édité 1 fois
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Hécate Morora

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MessageSujet: Re: Hécate Morora   Mar 13 Mai - 21:12:43

La vie allait ainsi sans qu'Hécate soit sous l'ombre du moindre soupçon. Elle virevoltait entre les humains et les moires, son image grandissant dans les deux camps, et son caractère lui-même vacillait. Il y eu de nouveaux meurtres, de nouvelles extases vermeilles dans lesquelles baigner ses sens avides. Pendant ses tueries parcimonieuses, elle n'avait plus aucune perception d'elle-même et du monde entier, de la guerre, des mutations, trop absorbée par cette trouvaille. Comme un clou planté dans la chair, chaque balle tirée caressait son âme jusqu'à l'irriter, la rendant hypersensible, ouverte sur la moindre odeur, le moindre détail, prête a trembler, pleurer, éclater de rire. Et pourtant, une chose lui avait été volé avec cette guerre qu'elle n'arrivait pas à reconquérir, jamais. Sa peau restait aussi morte que du papier. Anton ou un autre, moire ou humain, peu importait. Les griffures, les caresses, les baisers, le souffle du vent même la laissait dans une indifférence honteuse. Et à cette culpabilité de ne rien ressentir, ni de bon ni de mal, s'ajoutait la culpabilité d'avoir honte. Alors elle se cachait de ce sens borgne et boiteux. Elle appris à faire semblant là aussi. Faire mine de se brûler quand l'eau était censée être chaude, simuler un frisson lorsqu'elle sortait dans l'air glaciale, rester neutre lorsqu'elle ne savait pas trop. C'était une nouvelle manière de vivre à expérimenter, de toute manière, avait-elle le choix?
Les années passèrent sur ce nouvel état des choses, les humains se terrant toujours plus, plus loin, plus profond. Et puis vient l'ère de l'esclavage. Les moires étaient lasses des attaques ridicules que faisaient parfois des groupes humains. Ils ne voulaient plus partager, ne plus laisser la moindre miette. Maintenant qu'ils voyaient peut-être, sûrement une chance de s'en sortir, il ne s'agissait plus seulement de survivre. Il fallait dresser une nouvelle hiérarchie pour la société. Alors il fallait qu'Hécate voit ses frères de race maltraités et humiliés devant les moires. Au fond d'elle il y avait une sorte de réconfort lorsqu'au détour d'un couloir elle croisait la silhouette voutée d'un humain. Il n'y avait qu'un regard entre eux, tout deux savaient ce qu'ils avaient en commun et ça suffisait, elle passait son chemin. Etre dans une position confortable? Elle raturait sa culpabilité à coup de "ouimaisjelesvengejetueleursbourreaux". Ca lui suffisait. Parfois, parce qu'il le fallait, elle prenait un esclave elle aussi; toujours un qu'elle connaissait, c'était plus facile, c'était comme être deux comédiens habitués à tisser une pièce ensemble. Il y eu Kallista, la blonde aux yeux aussi glacés que les steppes qui l'avaient vue naître, Lev le trentenaire énergique et rebelle qui lui avait fait un clin d'œil avant de faire une fausse tentative de fuite, tuant un moire et en blessant un autre dans cet acte kamikaze, car il y avait maintenant une sorte de jeu fou chez les humains et les esclaves, le but étant de pouvoir se vanter d'un maximum d'assassinat. Puis Ivanov ce géant, chez qui elle avait cru trouver des lèvres assez douces pour la réveiller. Et maintenant, il y avait Jack, le tout jeune Jack, à peine sorti de l'adolescence et déjà un homme. Il avait été parmi les premiers, déjà là quand elle avait proposé sa maison au groupuscule qui errait en quête de vengeance. Maintenant, quel âge avait-il? Elle devait en avoir trente-trois et lui seulement dix-huit ou dix-neuf. On aurait dit un enfant déguisé en vieillard tant on sentait les épreuves qui avait burinaient son visage de gosse. Hécate s'accrochait à ce gamin dans ce qui ressemblait à un sentiment maternel, fraternel, qu'importe, un sentiment. Tout n'était qu'un jeu entre eux, même lorsqu'il fallait faire croire devant les autres moires qu'elle n'était qu'une maitresse cruelle pour lui. Et Hécate avait peur lorsqu'elle voyait une trace de souffrance chez le jeune garçon, son petit esclave.


"Nous sommes assis, Jack et moi dans ma chambre du quartier nord. Je suis installée sur le rebord de la fenêtre, bien différente de celle de ma chambre/grenier. Dans les rues toutes les traces carmins ont disparues depuis longtemps. Je ne sais pas si c'est la pluie ou bien la minutie maniaque des moires qui ont voulu effacer ces preuves. Mon Jacky est assis par terre, au pied du grand lit. On a pris cette habitude depuis longtemps, on sait qu'Anton ou un autre peut rentrer au moindre instant, il ne faudrait pas que l'esclave soit assis sur une chaise ou quoique ce soit réservé aux moires. J'agite un peu mon grand éventail en bois, j'ai un vertige comme il m'arrive souvent d'en avoir. Je m'appuie contre le chambranle, le temps que ça passe, et je rêve d'un grand verre d'eau. D'un geste tournant du doigt, j'emmêle une mèche pour la repousser au loin. J'attends que ça passe, Jack me regarde et attend que ça passe. Puis on commence notre grand jeu habituel, on mélange des mots provenant de différentes langues, il est russe.

-Dis moi Cat', quand est-ce que le soleil reviendra?
-Jacky, Jacky-boy, tu sais que comme toujours, il y a deux réponses à ta question. Laquelle veux-tu?
-Les deux! Mais commence par celle du savant.
-D'accord. Le soleil reviendra lorsque toute la poussière que la bombe à soulevée retombera. Le soleil reviendra lorsqu'on sera recouvert de poussière.

Nous avons pouffé, je me demande pourtant si ça ne risque pas d'arriver réellement, plus précisément, nous serons sous terre lorsque le soleil reviendra.

-Et la réponse du poète?
-La réponse du poète... Et bien mon Jacky-boy, le soleil reviendra lorsque l'on aura besoin de lui pour sécher les arabesques de sang que nos poignards devenus pinceaux auront tracé sur la grande toile du monde.

Il n'est pas nécessaire de préciser de quel sang il s'agit. Nous restons silencieux, pensifs. Je me demande soudain depuis quand il m'appelle Cat', ça doit bien faire des mois et pourtant c'est la première fois que je m'interroge, pourquoi m'appeler ainsi, moi qui n'ai rien d'un félin? Ce n'est qu'un diminutif, un simple diminutif de mon prénom au présage funeste. Je fredonne un peu tout en me levant lentement.

-Kit et Cat' sont sur un bateau, Cat' tombe à l'eau, que reste-il...?

Je suis debout à côté de mon petit Jack, toujours sagement assis au sol, et la porte s'ouvre. Anton me sourit et ne jette pas un regard à mon esclave. Cet homme a beau avoir toujours été une perle pour moi, avec les humains il est... irascible. Connu pour ses excès. Je l'entend qui grogne entre ses dents "Il est encore là celui-là?", et je me demande s'il ne déteste pas Jack encore plus que les autres humains. Il y a des choses qu'on ne sait pas, qu'on ne veut pas voir, mais que l'inconscient aspire comme un trou noir. Il a conscience de notre complicité masquée. Me voir lui faire du mal suffit souvent à apaiser ses craintes. Il s'approche, je vois le blanc de ses yeux qui ressort contre sa peau noire. Je me suis souvent demandé comment un homme dont les ancêtres avaient été esclaves pendant des générations pouvait tolérer que d'autres le deviennent à leur tour, pire, comment il pouvait devenir un des principales tortionnaires. L'air de rien il me tend un de ces objets qu'il aime tant: ça ressemble à un minuscule archet de violon, une partie en bois tend plusieurs fils d'acier très fins et acérés. Anton est passé dans mon dos, je sens son regard tendre sur ma nuque. Je fais un signe rêche à Jack, qui enlève son maillot. Nos yeux ne se croisent pas un seul instant, il a le regard rivé au sol, et pourtant rien qu'à sa position de soumission, je ressens comme une brûlure la ferveur religieuse qu'il a en moi. Je sais qu'il ne m'en voudra pas, jamais. Ca me crame comme un acide. Mon Jacky-boy est un martyr. Un martyr pleinement consentant. Dans un murmure sec, je parle en russe, car devant Anton je ne parle qu'en russe à mon esclave.

-Tiebia podbrossili.

Ca sonne comme une phrase méchante pour le moire, une attaque de pur cynisme. "On t'a abandonné" avec quelque chose de plus brute qui reste dans cette langue russe, un rejet sournois et mesquin, on t'a jeté par en dessous, on s'est débarrassé de toi, personne ne viendra pour toi, tu es seul. Oui, c'est cela que mon compagnon entend. Mais Jack, j'aimerais qu'il entende les excuses que je viens de prononcer. Ce n'est plus "on t'a abandonné", ça devient "je t'ai abandonné, pardonne moi".
Sur sa peau zébrée, j'applique l'instrument comme si j'espérais en tirer un son. Les cordes ne tardent pas à faire leur travail, elles épluchent et râpent, repassent une deuxième fois sur la zone déjà entamée. Je regarde le fluide hypnotique qui glisse de son dos à ma main, de ma main au plancher, si rouge, si resplendissant. Je suis hagarde. Hors de tout. Les lèvres d'Anton effleurent ma nuque, lui aussi le sang lui donne des envies, mais nous ne partageons pas les même. J'émets un faible gémissement, et les deux hommes pensent que c'est cette bouche que je veux.



Les maux dits de l'Année 2043.



Elle a peur que le sang la domine. Elle a des envies, des pulsions. Les meurtres éparpillés ne lui suffisent plus. Elle est comme un loup qu'on aurait apprivoisé, qui a appris à aimer les hommes, et pourtant... pourtant un jour l'instinct est plus fort, le loup se tourne et mord jusqu'à la mort. Quand ça arrive, quand l'animal sauvage saccage les chairs, l'homme n'a plus qu'à prendre son fusil et sans hésiter, agrafer une balle létale dans la tête de la bête. La certitude que le crime qu'elle pourrait commettre envers Jack serait le plus grand hommage qu'elle pourrait lui rendre. La plus grande jouissance qu'elle pourrait cultiver, enfin un acte d'amour alors que jusqu'à présent elle n'a fait que ce qui était le meilleur pour elle. La culpabilité de penser à un plaisir si tabou. Jack veut vivre, elle le sait bien. Et pendant des années, elle l'a gardé en vie, elle l'a protégé. Mais les martyrs sont-il fait pour vivre? Ne s'accomplissent-ils pas une fois la mort embrassée?


"Il y a beaucoup de bruit dans le quartier quand je me réveille. Je cherche Anton et ne le trouve pas, comme toujours. Je déjeune en paix et me décide à trouver mon Jack. La maison est déserte, le bruit est dehors. J'avance dans la rue et j'arrive dans le trou sec qu'un ancien parc a laissé, entre ses vieilles grilles. Il y a foule, à voir tout ce monde, je crois bien que je ne mentirais pas en disant que tous les moires sont présents. Au milieu de leur cercle riant, un autre groupe, apeuré celui-là, dont les membres en haillons se tiennent serrés les uns contre les autres sans savoir ce qui les attend. J'avise mon amant dans la foule, avec sa stature et sa couleur de peau, il n'y en a pas cent. Avec un sourire et un air fier il m'explique qu'ils ont organisé un petit jeu pour se divertir, une sorte de chasse où tout est permis. Il n'ajoute rien, mais son orgueil et son sourire suffisent à me faire comprendre qu'il fait parti des organisateurs. Je reste immobile à observer, j'attends comme les autres que le jeu commence. On me donne un couteau, aujourd'hui il n'y aura pas d'armes à feu. Des moires avec des piques passent au milieu des humains et les dispersent. On attend un peu encore, on regarde les pauvres esclaves courir. Et le coup de départ est lancé, les prédateurs rayonnent dans toutes les directions. Je suis Anton, l'arme à la main, je dois lui parler, je DOIS lui expliquer, il faut qu'il fasse arrêter ce jeu stupide. Il s'étonne de me voir derrière lui, je surveille les alentours. J'ai perdu mon air loufoque, je vais droit au but.

-Je suis humaine Anton. Je suis Humaine.


Il ne dit rien, je ne sens même pas de surprise, juste une colère qui était prévue depuis longtemps. Et puis sa voix se fait terrible, c'est un murmure mais celui du tonnerre. Ses dents sont tenues serrées et sa voix s'échappe comme un long sifflement. La langue du serpent.

-Tu aurais fait une moire parfaite, manipulatrice et trompeuse. Dire que j'ai couché avec toi.

Il me regarda avec une moue de dégout, cracha par terre comme pour conjurer un mauvais sort.

-Je te laisse jusqu'à la fin du jeu pour partir d'ici, jusqu'à la fin du jeu pour sauver ta peau. Après, je révélerais à tous dans quel mensonge tu m'as dupé. Si je ne t'ai pas retrouvée avant. Car la prochaine fois qu'on se verra, je te considérerais comme la sale humaine que tu es, une vermine. Le jeu deviendrait vraiment intéressant, si je te retrouvais.

Je reste prostrée sous sa haine cruelle malgré nos moments passés ensembles je le fixe, mes yeux agrandis, et je recule, effrayée, tremblante, je recule, je m'enfonce dans le bosquet derrière moi et je pars en courant sans avoir le courage de regarder s'il me suit. Je veux trouver mon Jacky et partir d'ici.


Les maux dits de l'Année 2047.


Hécate n'a pas retrouvé Jack, peut-être était-il dans les cadavres au sol, elle ne l'a pas vu. Elle a tué des moires, dans ce cirque géant ils passeraient inaperçus, on penserait que c'était les humains qui les avaient causés. C'était bien les humains en faite. Aucun plaisir dans ces meurtres là, seulement du désespoir pour retrouver ce qui avait été perdu. Qu'est-ce qui l'avait poussée à tout révéler? Il fallait fuir. Elle le fit. Malgré le hoquet horrible, l'envie de vomir de la bile, l'inquiétude de savoir comment Jack allait mourir. Mourir, tué par quelqu'un qui n'était pas elle. Quitter la ville. Elle le fit. Sans se demander si elle devait emmener quelque chose avec elle. Sans regarder en arrière, sans faire les moindres adieux. Elle marcha, marcha, vite et loin, comme si elle fuyait le diable. Sa propre bêtise. Ne pas avoir pris ce qui était à elle, ne pas avoir commis l'acte qui était fait pour elle. Jacky-boy était le martyr qui lui était destiné... Les malaises s'enchainaient dans le froid et la faim. Jamais elle ne vit le moindre moire à sa poursuite, jamais elle ne sut si Anton l'avait laissée partir ou l'avait pourchassée un temps. Prendre un bateau. Elle le fit.

Quelques années après cette chasse à l'humain durant laquel elle avait tangué d'un camp à un autre, Muddle Island accueilli une nouvelle moire au style particulier, original. Hécate Winslow était en manque, il lui fallait une nouvelle existence, de nouveaux plaisirs et elle croyait qu'en trouvant des victimes de choix -les pires moires- son plaisir serait décuplé, peut-être arriveraient-elles à rivaliser avec le trésor perdu. Elle se cachait toujours à la fois au yeux des mutants comme l'une d'entre eux, et aux yeux des humains elle passait pour une justicière vengeresse qui tuait les ennemis par pur dévouement...

[Par avance, désolée pour les fautes, je préfère poster et (re)corriger après la mise en page, ça m'éclaircit la vue Very Happy ]


Dernière édition par Hécate Winslow le Mar 13 Mai - 22:28:21, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Hécate Morora   Mar 13 Mai - 21:27:33

Bienvenue ^^

Désolé, je vais peut être passer pour un malpoli mais je préfère être sincère... ta fiche est bien trop longue pour que je la lise en entier.


Tu me trouves sadique... mais la tel que tu me vois, je ne le suis pas encore.

Merci Eva ^^
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MessageSujet: Re: Hécate Morora   Mar 13 Mai - 21:31:12

Pas de soucis, tant qu'un malheureux administrateur se dévoue pour la lire... Je comprends que ça soit décourageant, mais vous savez ce que c'est, des fois en se met à écrire et on sait plus s'arrêter =D

En tout cas merci de ton bienvenu et de ta sincérité ;)
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MessageSujet: Re: Hécate Morora   Mar 13 Mai - 21:32:34

*o*
Je l'ai commencée ! Je l'ai commencée !!! Et je ne perds pas espoir ! xD 8) Je la finirai... 8)

Quelle fiche, en effet ! Je n'en ai jamais vu une aussi longue, et quel style !! Very Happy Bravo et bienvenue !!! =D
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MessageSujet: Re: Hécate Morora   Mar 13 Mai - 22:28:32

Sois la bienvenue grande piplette x)

Demain interro surprise Lily è.é Muahaha
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MessageSujet: Re: Hécate Morora   Mar 13 Mai - 22:35:49

Merci à vous deux =)

Courage Lily, accroche toi! C'est qu'un mauvais moment à passer Very Happy

Et Lyn'x... Ca veut dire que tu l'as lu?
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MessageSujet: Re: Hécate Morora   Mar 13 Mai - 22:37:56

Bienvenue mademoiselle la romancière,

Bon, une question: As tu fini .... Car j'ai tout lu, et je serais étonné que tu stoppes ton explication détaillé en 2047...



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MessageSujet: Re: Hécate Morora   Mar 13 Mai - 22:42:03

J'ai fini oui. La date de 2047 fait référence au texte du dessus, à la première personne, 2047 c'est donc la date de cette partie de chasse à l'humain... Ce qui suppose qu'entre ce "jeu" et son arrivée sur Muddle, quatre années se sont écoulées =)
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MessageSujet: Re: Hécate Morora   Mar 13 Mai - 22:45:11

Merci, ça j'avais compris, j'ai mis du temps lire mais je suis pas débile ^^

Je trouve que la fin reste rapide comparé aux détails que tu as donnée tout au long de ta fiche ...

Ba je sais pas tout est bon, mais ton perso a vécu 4 ans de sa vie à muddle et tu ne donnes aucun détail ?

Tu veux faire cela à la suite dans tes prochain rps ?



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MessageSujet: Re: Hécate Morora   Mar 13 Mai - 22:50:25

Hécate n'a pas vécu 4 ans de sa vie sur Muddle sans que j'en parle. Elle a passé quatre ans à errer plus ou moins en Finlande, avec les péripéties que l'on peut imaginer, et c'est seulement au bout de quatre ans qu'elle prend le bateau pour arriver sur Muddle... Juste après le nouveau scénario, avec le ghetto.

Je pensais laisser ces quatres années un peu dans l'ombre [après tout je l'ai déjà fait en laissant vague ce qui se passe entre 2043 et 2047 ;) ] pour garder un peu de mystère a révéler dans le rp, mais si ça embete, je peux toujours développer, ce n'est pas un problème =)
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MessageSujet: Re: Hécate Morora   Mar 13 Mai - 22:58:36

Ba j'avais pas compris cela, mais après cela reste ton choix de bio et ta part de mystère, comme je trouvais cela bizarre ... Mais bon ^^


Je te valide donc !

Sache que toutes demandes ce font par MP, et que ton lieu de résidence est Liebe.

Bon jeu en ces terres... Twisted Evil



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MessageSujet: Re: Hécate Morora   Mar 13 Mai - 23:08:22

Tiens c'est nouveau, tout le monde se retrouve obligé d'atterrir dans le moule qui correspond le mieux à sa forme? Ou bien c'est juste une indication le "ton lieu de résidence est Liebe."? O.ô
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MessageSujet: Re: Hécate Morora   Mar 13 Mai - 23:21:15

Une pointe d'ironie ou une pointe de sarcasme ...

Est ce vraiment nouveau d'être classé dans des moules selon notre forme...

Bref, oui, la résidence où elle dort, est bien Liebe, mais les résistants peuvent vagabonder là ou ils le veulent.

T'ai je éclairé ? ^^



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MessageSujet: Re: Hécate Morora   Mar 13 Mai - 23:37:22

Un reproche.

Je comprends que ça vous aide à gérer le forum, mais en même temps ça peut couper l'imagination...
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MessageSujet: Re: Hécate Morora   Mar 13 Mai - 23:45:44

Hum, je suis pas super en forme pour parlementer la dessus...

Je dirais seulement, que des limites sont souvent obligatoires pour pouvoir cohabiter tous ensemble.

De plus, on ne coupe pas l'herbe sous le pied, car franchement, on n'empêche pas les résistants à vagabonder dans le monde des moires ... L'imagination peut se contraindre parfois à quelques règles. Surtout qu'on ne peut dire que Muddle en est remplis.

Et enfin On peut dire que la miss a de l'imagination à en revendre vue sa fiche, alors je ne m'inquiète pas ;)



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MessageSujet: Re: Hécate Morora   Mer 14 Mai - 0:00:03

Je parlais de couper l'imagination de création du personnage surtout.

Elle a de quoi se faire passer pour une Moire, c'est un tout nouveau statut. Le genre de femme à s'incruster dans une superbe suite et prendre un esclave comme ça lui ait déjà arrivé auparavant xD
J'ai l'impression que tu essayes de faire entrer une forme étoilée complètement inconstante dans un trou fait pour un cube. La plupart des gens adore être guidée et classée, correspondre à un moule et s'y lover. En tous cas ceux-là ne cherchent pas plus loin. Mais pour des cas comme elle qui ont l'air de pas mal se débrouiller vous avez l'air trop rigides =/

voilà, ya un tit moment que ça me trottait dans la tête, c'est dit...
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MessageSujet: Re: Hécate Morora   Mer 14 Mai - 1:06:15

Tout d'abord je voudrai féliciter Hécate et la fiche qu'elle a écrite, qui, même s'il y a des moments de longueur, m'a littéralement transportée et émue.


Lyn'x,

le jour où deux humains se sont inscris et ont décidé de former un duo pitoyable de faux moires alors qu'ils n'en avaient ni l'envergure ni le talent pour gérer un tel profil, nous avons décidé de ne plus jamais accepter ce genre de choses. C'est très délicat. C'est noté dans le règlement et nous estimons qu'un membre qui s'inscrit prend connaissance de ces règles. La validation de Hécate constitue donc déjà une exception à nos règles.

Hécate a expliqué que ses pensées ne pouvaient être violées. Ce qui rend crédible le fait qu'elle puisse passer pour une moire. Sa fiche étant validée, nous ne sommes pas contre ça.

Nous ne pouvons, cependant, répondre à une demande pareille -créer un rang de faux moire- même si la fiche est crédible et bien menée. Ce serait une injustice que de dire "oui" à quelqu'un et "non" à un autre. Comprend le bien, nous ne voulons pas créer de litiges. Ce serait le début de la fin.


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MessageSujet: Re: Hécate Morora   Mer 14 Mai - 9:00:24

Eh bien, je vois qu'il y a eu du débat pendant mon absence...

Tout d'abord, merci Pandora pour le compliment, je suis heureuse si ma fiche a réussi ce tour de force Very Happy

Ensuite... Je voulais m'excuser pour le réglement, que j'ai lu soyez en sûrs, et pourtant je n'ai vu aucune interdiction pour ce genre de personnage... Je viens de le reparcourir... Peut-être que je regarde pas au bon endroit ou alors je suis bigleuse xD

Et puis merci Lyn'x de "défendre" mon cas (même si y a pas d'agression). C'est vrai que je trouve un peu dommage que certaines possibilités soient restreintes, bien que je comprenne que dans le cadre d'un forum ce soit necessaire, sinon tout partirait de travers. Mais je pense qu'il ne peut pas y avoir que du blanc ou que du noir. Si ce scénario arrivait dans la vraie vie (prions pour que ça n'arrive jamais xD), on peut être sûr que des humains arriveraient à se faire passer pour des moires (et pas qu'un) de même que des moires se feraient passer pour des humains peut-être.

En fait je pense que de la même manière que les membres moires d'une certaine ancienneté peuvent prendre un deuxième esclave, il faudrait que certains interdits premiers (ceux qui sont fait pour eviter les débordements) puissent être relevé de temps en temps, par le jugement des administrateurs, quand quelqu'un fait preuve de bonne volonté et de responsabilité.

Alors je tente le tout pour le tout, non pas par pur esprit de contradiction mais simplement car je ne vois pas comment jouer une Hécate qui se cache, elle si exubérante...:

Une solution serait que mon personnage reste un temps à Liebe, parmis les humains résistants, le temps que je fasse mes preuves et si vous me jugez apte à tenir le rôle délicat de fausse moire, alors seulement je pourrais faire prendre à mon personnage une vie plus "moirienne".


Maintenant, je comprendrais un refus, bien que j'avoue que je sentirais mon personnage amputé d'une part de lui-même.

Je crois que le mieux serait que la suite de ce problème se résolve via MP.

Merci de votre attention ^^'
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MessageSujet: Re: Hécate Morora   Mer 14 Mai - 9:32:16

Avec une explication étoffée et argumentée je comprends plus Merci Hécate.

Et bien je suis d'accord que cela se passe comme cela, et de toute façon lieu de résidence ne voulait pas dire passer toutes les nuits à Liebe, bien entendu, si c'est un agent double, et même pour les autres ...

Pour avoir un train vie tel les moires, je ne suis pas maitre du bateau, il faut que jen discute avec Pando.





Dernière édition par Eva Desta de Bianca le Mer 14 Mai - 18:56:36, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Hécate Morora   Mer 14 Mai - 10:27:48

Bienvenue parmi nous ;)
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MessageSujet: Re: Hécate Morora   Mer 14 Mai - 10:34:12

Merci Angel :)

Et bien Eva, apparement tout semble s'arranger, tant mieux! Je suis contente qu'on ai pu trouver un terrain d'entente, reste plus qu'à attendre l'avis de Pandora. En tout cas par avance merci de votre patience, d'avoir pris le temps d'étudier mon "cas".
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