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 Kyoran Gweria


rising from ashes

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Kyoran Gweria

Killer Babe


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Messages : 3781
Humeur : Massacrante

MessageSujet: Kyoran Gweria   Dim 12 Juil - 15:20:04

Nom: Gweria

Prénom: Kyoran

Rang : Moire Ambiguë

Age : 33 ans

Age où vous êtes devenu Moire : 14 ans

Biographie :
Née en 2027, tout aurait pu être facile pour la petite Kyoran Gweria. Un père puissant issu d'une des vieilles fortunes européennes, gérant d'une entreprise florissante, respecté, tout comme son épouse, sublime faire-valoir. Maes et Eve Gweria semblaient hors de leur époque.
On ne s'inquiétait pas vraiment de la montée des eaux, ce genre de préoccupations n'était bon que pour ceux qui n'avaient pas les moyens.
La guerre qui suivit créa plus de remous. La mort d'Eve Gweria survint quelques mois seulement après les bombes, faisant voler en éclat l'équilibre de la famille.
Kyoran ne garderait que peu de souvenirs de sa mère, à peine une silhouette vague et aussi brune qu'elle, toujours élégante, douce, mais lointaine. Malgré toute sa bonne volonté, il n'y eut jamais de réelle tristesse. Pourtant, elle sentait bien qu'il aurait fallu. Sa vie ne changea guère, toujours choyée par des nounous. Son père se fit plus absent, et sa protection se renforça. Malgré les événements, on se sentait relativement à l'abri dans la demeure des Gweria au sein de la privilégiée Muddle Island. Comme s'ils avaient cru que l'argent pouvait les protéger de tout ...

Le père et la fille mutèrent à peu d’intervalle, si bien que la situation sembla normale à la fillette.
Très vite, la Maison Gweria comptabilisa de nombreux serviteurs. Ils étaient en avance sur leur temps, de vrais précurseurs ! Il n'y en avait jamais trop pour contenter un homme si puissant. Des cuisines aux jardins, il y avait plus d'humains que de moires. Et l'on ne s'en méfiait pas.
Avec le temps, dans ce bastion de la richesse et de la puissance, les esclaves avaient cru voir la méfiance du maître s'endormir. Croyant que le nombre serait leur chance, ils se rebellèrent. Le message s'était propagé en silence le long des couloirs de la demeure, et un feu sombre s'allumaient dans le cœur des hommes. Ils allaient être vengés.

Ils étaient trois à entrer dans la chambre de Monsieur Gweria. Ils n'en ressortirent pas. Maes n'avait pas acquis autant d'influence sans raison. Très vite, on protégea la famille, on parqua tous les esclaves dans le jardin. Le Maître retourna se coucher pour finir sa nuit, une autre chambre, pour ne pas être importuné par l'odeur du sang. Il ne se souciait pas des hommes qui ne dormiraient pas pour protéger son sommeil, des esclaves traités comme des bêtes qui attendaient d'être jugés, pas plus que de sa fille, qu'il n'avait même pas pris la peine d'aller rassurer. Ses hommes étaient là pour ça.
Regardant par la fenêtre, Kyoran prit conscience de leur nombre en les voyant ainsi rassemblés. Bien sûr, ils n'étaient pas si nombreux que ça, mais l'impression qu'elle eut resterait durant des années.

Elle n'aurait jamais cru que les pavés de la cour pouvaient absorber tant de sang.
Pour Kyoran, c'était l'incompréhension. Pour la première fois, elle était vraiment confrontée à cette différence entre les races. Pour elle, les esclaves faisaient parti de la maison, et si elle n'était pas spécialement proche d'eux (son père ne l'aurait pas permis), elle appréciait tout de même leur présence. Voir ainsi les humains vouloir tuer sa famille l'effraya pendant des mois. Elle retenait sans souffle à chaque fois qu'elle croisait un esclave, terrifiée à l'idée qu'il veuille s'en prendre à elle.
Quoi qu'il en soit, l'histoire avait fait grand bruit à l'époque.
Le nombre d'esclaves dans la maison fut réduit au minimum après cela, mais leur traitement devint plus cruel. Kyo ne parvenait pas vraiment à les détester. Mais avec les années, elle se coula dans le jugement de son père, et cette aigreur devint la sienne.

Elle vit son père changer. S'il n'avait jamais été un exemple de vertu, son image à préserver l'obligeant toujours à garder une certaine droiture, ne serait-ce que publique, avec le temps, la rancœur, la solitude et la colère lui avaient donné toutes les raisons de se laisser aller aux vices. Violence et luxure essentiellement, alcool également, parfois.
La jeune fille observait ce père qui ramenait toujours une nouvelle femme à la maison, quand il n'était pas absent durant de longues nuits de débauche. Elle le regardait se comporter sans remords avec les humains. Rapidement, Kyoran adopta à son tour ce mode de fonctionnement. Elle s'amusait des humains, et parfois de ses semblables, comme de charmants animaux de compagnie. Quand son père n'était pas là, elle se comportait comme un vrai tyran sur toute la maisonnée, elle apprenait son rôle de dirigeante, son rang d'être supérieur. Elle croyait que peut-être, elle y trouverait du plaisir, et pendant un temps, ce fut le cas. À peine majeure, elle s'improvisa dealeuse de drogues, profitant de son statut protégé et de son accès dans les lieux huppés pour approvisionner la jeunesse dorée de Muddle. Ils étaient nombreux comme elle, à simplement profiter de leur héritage et chercher de nouveaux moyens d'avoir des sensations fortes. Ce n'était donc pas difficile de monter un petit business, il suffisait d'avoir quelques bons contacts. Mais comme de tout le reste, elle finirait par s'en lasser.
Elle changeait d'esclave dès qu'il l'ennuyait, et bien que jeune, elle flirtait impunément. Il lui semblait que c'était la norme, et finalement, dans son ennui, elle ne savait pas tellement que faire d'autre. S'amuser. Ne pas s'attacher. Attendre quelque chose de mieux. Mais les années passaient, la rendant toujours plus excentrique, plus provocante, aguicheuse. Elle croyait qu'elle pouvait s'épanouir comme ça, être heureuse.

Lentement, elle finit par se rendre compte que ce n'était pas le cas. Bien qu'elle ne puisse entièrement se détacher de ses habitudes, elle rejeta la faute sur son père, après tout, c'était de son âge de se rebeller contre l'autorité. Elle détestait l'image qui lui renvoyait. Elle se rendait compte que ce n'était pas le seul moyen de vivre, mais que par sa faute, elle l'avait cru. C'était à cause de lui, si elle était devenue aussi superficielle, aussi facile. Les hommes qu'elle pouvait conquérir, elle les détestait, un peu pour les mêmes raisons. A croire que tout n'était qu'un sordide complexe d'Electre mal ficelé, puisqu'elle n'avait jamais eu l'occasion de tuer sa mère. Après des crises interminables, les provocations et la haine de la jeune femme ne cessant de gagner en intensité, la situation se trancha brutalement. A 19 ans, Kyoran prit la décision de partir de la maison. Évidemment, il serait toujours là, quelque part dans les hautes sphères, et elle savait bien qu'il pourrait à tout moment la surveiller suivant son bon vouloir. Mais l'éloignement était nécessaire, inéluctable.

Loin de l'influence paternelle, Kyoran se rendit compte au fur et à mesure qu'elle n'avait jusqu'à présent malmené ses esclaves que par habitude, par conformisme presque. Cela ne l'amusait plus, et si elle continuait à avoir des esclaves de temps en temps, c'était dans un tout autre état d'esprit, ces humains là ne furent jamais maltraités.
Kyo continuait à mener une vie frivole, quoi que moins éparse que son adolescence. Elle aurait voulu s'attacher mais rien n'y faisait, elle restait envahi d'une sorte de dégoût dès qu'elle envisageait une relation. Sa vie toute en dorures l'ennuyait, elle attendait autre chose, mais rien ne venait. Malheureusement pour elle, un autre bouleversement vint exaucer son souhait,

En effet,  alors qu’elle n’avait que 22 ans, tout fut balayé d'un geste. En une seule petite journée, les choses changèrent de manière indélébile.
Après tout ce temps, ses anciens contacts de son époque “drogue” l'avaient relancée. Ils voulaient qu'elle reprenne du service, ils avaient besoin d'une jeune moire qui puisse revendre dans les soirées mondaines. Kyo n'en avait pas l'intention, mais ils ne comptaient pas vraiment lui demander son avis. En peu de temps, les choses tournèrent au chantage, aux menaces. Elle n'était pas du genre à s'effrayer facilement, ou à se laisser faire, mais ils lui prouvèrent qu'ils ne reculeraient devant rien pour la faire revenir. Se sentant réellement en danger, la jeune femme se résolut finalement à engager un mercenaire pour assurer sa protection, et lui donna rendez-vous sur son petit bateau de plaisance, amarré au port de la ville. Ah, Lcf Sat... Si elle avait contacté un autre mercenaire, les choses auraient sans doute été tellement différentes... Mais cette nuit là, rien ne devait tourner comme prévu.
Le premier invité surprise fut son père, qu'elle n'avait pas croisé ou seulement de loin depuis des années. Pas vraiment ravie de le voir, elle ne pouvait pas imaginer un instant qu'il fut là par hasard. Il prétendait vouloir la protéger. Mais Sat avait déjà pris ce rôle, et le dialogue tourna amer.
C'est dans ce touchant moment de retrouvailles familiales que d'autres visiteurs firent leur apparition. Autour de la petite embarcation, une demi-douzaine d'hommes armés avait pris place, sans qu'ils s'en rendent compte. Tandis que Kyoran tentait de lancer le moteur pour prendre le large, des échanges de tirs s’engagèrent. Kyoran et son protecteur parvinrent à s'en tirer vivants mais Maes Gweria n'eut pas cette chance. Touché par une balle, les révélations qu'il fit alors étaient surprenantes : C'était lui qui était derrière toutes les menaces, les agressions, ces hommes étant les siens. Il voulait... évaluer la résistance mentale de sa fille, voir si elle avait les nerfs assez solides. Il voulait savoir si elle serait à la hauteur pour reprendre les rênes de son entreprise, bien plus mafieuse qu'elle ne l'avait cru. « Une résistance psychologique exceptionnelle », c'était ses mots.

C'est cette nuit là qu'elle rencontra l'amour de sa vie. C'est cette nuit là que son père mourut. Mais malgré ce que les gens croiraient par la suite, elle n'y était pour rien.
Les conséquences de cette nuit se révélèrent  redoutables, ne lui laissant pas le temps de s'apitoyer sur son sort. Une traque s'enclencha. L'ancien bras droit de son père, Owen Odd Gabriel, désireux de prendre la tête de l'organisation, sauta sur l'occasion pour écarter Kyoran définitivement. C'était simple de faire croire que la fille avait tué le père pour hériter de sa fortune et de son entreprise. L'histoire se tenait et il n'y avait aucun témoin pour le contredire. C'était sa parole contre la leur. Et trop occupés à se planquer pour survivre, ils ne pouvaient même pas démentir. Comme on dit, les absents ont toujours tort.
Les deux fugitifs ne pouvaient apparaître nul part. Des rumeurs se mirent à circuler dans la haute société, et bientôt, à demi-mots, tout le monde s'accordait à commenter l'affaire. Personne n'envisageait un seul instant que la jeune femme puisse être innocente. Leur cavale dura des mois, et très vite, cette proximité forcée se mêla de passion. Plus tard, Kyo devrait presque penser à cette période comme la plus heureuse de sa vie.

Ce qui devait finir par arriver arriva. Ils parvinrent finalement à la trouver, seule. Plutôt que de la tuer, Owen avait eut une meilleure idée. Il la fit interner dans un sordide asile de la ville, déclarant publiquement qu'elle avait perdu l'esprit, et qu'en souvenir de son grand ami Maes Gweria, il comptait faire tout ce qu'il pouvait pour lui donner les meilleurs soins ou tout du moins, l'empêcher de faire du mal aux autres et à elle-même. Rien de plus simple que de faire perdre toute crédibilité à la petite Kyoran en la faisant passer pour folle. Vivante, mais incapable de faire quoi que ce soit, elle serait toujours plus utile à son image que morte.
Dès lors, l'enfer de Kyoran commença. La torture d'abord. Sa chevelure rasée, elle avait été attachée à une chaise raide. Elle n'avait vu qu'un homme, il s'était montré à elle sans prendre la peine de masquer son visage. Il n'y avait pas d'importance à ce qu'elle connaisse son identité. Elle ne pourrait jamais rien contre lui. Elle devrait, bien des années après, lui prouver le contraire...
La douleur avait été absurde, irréelle. Et puis sans rien ajouter, des hommes l'avaient entrainée et jetée dans sa cellule. Il lui fallut des jours avant de comprendre sa situation. Mais au final, le plus dur était de ne pas savoir où était Sat. A vivre 24 heures sur 24 ensemble, la présence de l'autre était devenue, sans qu'elle ne s'en rende compte, un besoin, une ancre dans la réalité. L'image de cet homme lui faisait garder un pied sur la rive. Peut-être œuvrait-il pour elle. Elle priait pour qu'il ne subisse pas le même sort. Pour qu'il aille bien.

Heureusement pour elle, il avait carrément mis en place une mission suicide pour venir la tirer de là. À croire que rien ne pouvait garder ces deux là séparés. Le retour à la réalité avait été rude, Kyoran ne se reconnaissait plus, son caractère et son corps semblaient incapable de retrouver leur état d'origine. Plus sournois, un autre fossé était né. En se retrouvant victime d'un bourreau, Kyo n'arrivait plus à voir Sat tout à fait de la même manière. Une sorte de peur et de dégoût avait pris place en elle. Ça aurait pu être lui, entrain d'enfoncer des lames le long de ses nerfs.
Très vite, il la força à se remettre, ne lui laissant plus une seconde pour s'abattre. Si jusque là elle avait survécu, elle le devait à pas mal de chance et surtout à l'œil vigilent de Sat. Plus question de miser sur le hasard maintenant. Elle devait subir un entraînement de choc si elle voulait passer ce moment difficile et pouvoir réellement se défendre dans le futur. Elle n'eut pas assez de volonté pour s'opposer à son projet. Alors, jour après jour, ils enchaînèrent divers apprentissages. Croyait-il réellement pouvoir faire de cette gosse de riche une mercenaire? Oui, il le croyait. Du moins, c'était un début.

Sat était intransigeant, ne lui laissant rien passer, trop concentré sur ses progrès, ses capacités, ses échecs. Ce fut une période pénible, et Kyo supportait de moins en moins cette situation. La claustrophobie, la paranoïa s’étaient fichées dans son esprit, la rendant incroyablement nerveuse. Ils passaient leurs journées ensemble, mais les sentiments étaient passés au second plan, et la rancœur de Kyoran augmentait, inconsciemment.
Mais quand Sat cru de bon ton de l'initier aux techniques d'interrogatoire, leur fragile équilibre s'écroula. Toute la colère retenue se libéra brutalement, attisée par la fatigue et les souvenirs. Pour la première fois, la faille était là, béante, séparant les deux amants, exposant clairement leurs différents et tout le ressentiment gardé trop longtemps étouffé. Mais le lien qui s'était créé durant leurs années de galère était cruel, exerçant une attraction indéfectible entre eux. Être séparé l'un de l'autre semblait simplement inimaginable. Alors le couple s'enfonça un peu plus profondément dans les non-dits. On ne reparlerait plus de cet épisode, ou alors seulement à demi-mots, par sous-entendus, pour mieux faire des reproches. Mais ça ne serait que des années plus tard.

En effet, pendant un temps, ils oublieraient ce précipice-là, trop heureux de savourer leur victoire. Car enfin, ils sortirent de l'ombre, lavés des accusations qui les accablaient. Ce ne fut ni simple, ni rapide, et malgré leur innocence enfin mise en plein jour, il resterait toujours des tâches. Mais à force de détermination, d'acharnement, ils avaient réussi à écarter Owen et à faire éclater la vérité. Ce fut un bras de fer pénible pour tout reconquérir, au coup par coup.
Et puis reparaître au grand jour. Même s'il officiellement, le gouvernement ne les cherchait pas, on savait tout de même que des arrangements avaient été passé, qu'une collaboration avait été engagée entre les autorités et Odd Gabriel. Et les rumeurs étaient allées bon train. Difficile de faire oublier ce qui, au fil du temps, s'était inscrit comme acquis dans les esprits. Beaucoup continueraient de voir Kyoran comme une manipulatrice prête à tout pour réussir, fièrement épaulée par un mercenaire, peu fréquentable, et tout aussi arriviste. Oh, ils pouvaient bien vivre parmi eux, personne ne disait rien. Mais les regards de dédain fusaient, et les remarques railleuses n'attendaient pas qu'ils aient tourné le dos. On les tolérait tout en leur faisant sentir qu'ils n'appartenaient pas au même monde, qu'ils seraient toujours ces êtres un peu sales.
Là où Kyoran ne put supporter pareille opprobre publique, habituée qu'elle était à l'estime pour son simple nom, Sat tint tête. Très vite, elle s'effaça, boudant les apparitions publiques. Même l'organisation si durement retrouvée, elle n'arrivait pas à s'y consacrer. Marcher dans les pas de son père, endosser un costume trop grand pour elle... Pendant leur cavale, reprendre l'entreprise Gweria, ça signifiait réussir, ça signifiait vaincre. Mais maintenant qu'on y était...
Le mercenaire quant à lui semblait si bien s'accoutumer à tout cet univers, à l'aise, magouilleur, il s'adaptait avec une facilité si désarmante que Kyo n'eut quasiment pas de scrupule à se décharger sur lui. Bien sûr, elle continuait de suivre les affaires, de se tenir au courant, mais elle ne désirait plus s'investir.

Maintenant qu'une situation relativement stable s'était mise en place, l'angoisse, les vieilles peurs ressurgissaient, comme sautant sur ce temps libre, si soudainement dégagé, lui qui avait jusque là était consacré jusqu'aux ultimes secondes à leur survie.
Leur fuite lui avait fait oublier ce qu'elle ressentait, avant, ce qu'était que sa vie de gamine riche et oisive. Elle avait cru vouloir retrouver tout ça, comme si elle n'avait jamais connu cet ennui morbide, cette lassitude à laquelle elle voulait échapper à n'importe quel prix. Tout cela lui revint avec une virulence d'autant plus féroce qu'elle avait connu l'adrénaline d'une vie en suspens. Vide brutal augmenté encore par cette soudaine absence de Sat. Jamais là, toujours occupé. Et même quand il était avec elle, il y avait toujours des dossiers dans chaque parole, toutes les discussions ramenant inexorablement aux affaires. Elle s'était habituée à ne l'avoir que pour lui, en permanence. Tout un monde s'intercalait désormais entre eux deux.
Il s'était radicalisé. La politique n'avait jamais eu sa place dans leur cavale. La question de l'esclavage, jamais abordée. Mais maintenant, elle le voyait se rapprocher du mouvement pro-moire, jusqu'à en devenir l'un des plus virulents représentants. Sat l'Inquisiteur.
Et puis, ce n'était plus Sat, plus vraiment. C'était Chris, Christopher Richards. Ce changement caractérisait tout ce qui la dégoutait désormais. Elle aimait Sat, sa spontanéité, sa franchise, sa désinvolture, et cet air de s'en foutre, rassurant quand il faisait sentir qu'elle était tout ce qui compte. Elle exécrait Chris, distant, calculateur, intéressé, le goût du luxe qui lui était soudain apparu, ce dédain, cette certitude de valoir mieux, de vouloir mieux, toujours.

Puis, à nouveau, les rumeurs. Elle pensait en avoir fini, les messes-basses s'étaient calmées dès que leur retour était passé d'actualité. Mais les moires ne se lassaient pas de la mettre au centre de leurs railleries, dès que possible. Ça faisait des gorges chaudes. On avait vu Sat en bonne compagnie dans tel restaurant. On avait entendu dire qu'il passait son temps au téléphone, et ce n'était pas pour des affaires! Oui, ouvertement, tout le monde s'amusait à colporter ces ragots, tout en y ajoutant ce trait si acide qui est facilement pris pour de l'esprit dans la haute société.
Kyoran faisait la sourde oreille. Elle ne releva jamais, n'en parla jamais à Sat. Ce n'était que des mensonges, des perfidies. Mais, un peu plus, elle abandonna l'idée de sortir, de s'exposer. Elle ne voulait pas supporter leurs regards, leurs sourires. Elle ne voulait surtout pas voir à quel point ils disaient vrai. Elle voulait se mentir, oui, encore un temps, juste un peu, histoire de trouver une solution, de savoir quoi faire, comment réagir.
Mais on lui arracha ses œillères, et crûment confrontée à la réalité des choses, il fallu bien accepter ce qui se jouait devant elle. Ça y est, elle savait, elle venait de ses voir, ensemble. Elle ne pouvait plus nier. Et à vrai dire, pour une femme dans sa situation, elle réagit plutôt bien. Elle se gonfla de silence, se drapa dans l'orgueil qu'elle venait de perdre. Et elle se contenta de provoquer très volontairement leur accident de voiture, et d'engager une partie de roulette russe aux règles quelque peu absurdes, puisqu'il s'agissait de garder le canon sur sa tempe et d'actionner la gâchette autant de fois que nécessaire, en essayant d'aller assez vite pour que l'autre n'ait pas le temps de réagir. Même le plus médiocre étudiant en psychologie aurait pu déceler la grosse pancarte lumineuse qui hurlait un S.O.S pathétique.

Mais Sat n’avait jamais été très douée pour la discussion. Il aurait voulu réagir, la rassurer, faire quelque chose, mais il ne savait pas comment s’y prendre. La sauver de la mafia, la sortir d’un asile, c’était terriblement simple, comparé au fait de la sauver d’elle-même. Alors, il fit ce qu'il savait faire de mieux: prévoir comment s'en tirer si les choses tournaient mal. On ne pouvait pas lui reprocher d'être prévoyant, et d'avoir eu du nez. Contrairement à Kyo, qui ne vit rien venir. Et elle ne découvrirait jamais les détournements progressifs effectués par Sat, ne comprenant tout cela que bien plus tard, en le voyant surgir des flots à la tête d'une florissante entreprise.
A cette époque là, les silences s'éternisaient, l'absence de Sat, le mutisme de Kyo. Mais désormais quand ils se brisaient, ce n'était plus pour de brefs répits, moments de retrouvailles, non, c'était les reproches qui prenaient place désormais, les phrases se faisant de plus en plus cinglantes. On ne risquait plus au quotidien de se prendre une balle, mais on arrivait encore mieux à se blesser par quelques mots cruels. Impossible de feinter une attaque pareille, alors on encaissait, jusqu’à s’écrouler.
Evidemment, vinrent les mots de trop, les seuls, après l'usure de plusieurs années, à pouvoir trancher tout ce qui restait entre eux.

Grandis un peu! On a vécu l'enfer mais il faut aller de l'avant maintenant et profiter de notre nouvelle situation! Rien d'étonnant que j'ai envie de trouver le réconfort d'une vraie femme... Regarde toi... Une gamine qui a peur du noir.
-Ça te va bien, toujours le beau rôle, le sauveur, mais merde! Qui a du abandonner sa vie? Qui a du tout réapprendre pour survivre? Apprendre à être comme toi! J'aurais voulu t'y voir dans ce putain d'asile!
-Si tu es encore en vie, c'est grâce à moi!”

Tout avait été dit. Bien sûr, il y avait des vérités dans chacune de ces phrases, ce n'était pas que de simples pics que l'on jette, pour faire mal. C'était bien ça, le plus douloureux. Les choses étaient là, inévitables, cette vérité qui aurait semblé impossible à peine quelques années avant. C'était fini. Ils ne se comprenaient plus. Ils auraient voulu pourtant, et encore, derrière la violence de leurs répliques, on trouvait cette envie de faire voir à l'autre pourquoi on souffre. Peut-être enfin réussir à faire réaliser à l'autre, un déclic qui viendrait tout réparer.
Kyoran ne réfléchit pas plus longtemps et rassembla en peu de temps ses affaires et son courage. Elle ne voulait pas s'appesantir, s'attarder, de peur que sa volonté l'abandonne. Peut-être que finalement, c'est tout ce dont elle avait besoin. Repartir de zéro, devoir tout réenvisager. Peut-être qu'elle oublierait un peu son malaise, son ennui.

Et en effet, elle apprit à se reconstruire, à sa manière, ce qui n'était pas nécessairement une bonne chose. Cette déchirure avec Sat devait devenir sa nouvelle bête noire. Elle étouffa la douleur sous la colère, la haine même. En découvrant le nouveau passe-temps du pro-moire, sa nouvelle boîte, sortie des eaux comme par magie, une nouvelle bouffée de rage l'envahit. Pas difficile de découvrir de quel chapeau magique il avait fait apparaitre la mise de départ.
La guerre civile éclata dans les mois qui suivirent. Ils se trouvaient dans deux camps différents, la démarcation était bien nette. Elle se tenait en retrait, mais ses convictions étaient de plus en plus gagnées à la cause résistance, tandis que de son côté, Sat, en bon Inquisiteur Pro-moire, tentait d'écraser les humains qui avaient eu l'idée de vouloir se battre pour leur liberté.  A croire qu'il lui donnait volontairement des raisons de le détester.

Quand les affrontements s'essouflèrent et que Muddle City fit mine de reprendre le cours de son histoire comme si rien ne s'était passé, Kyo avait du reprendre les rênes de l’organisation Gweria. Officiellement, elle ne resta à la tête de l’entreprise que peu de temps, avant de refiler le bébé à un proche collaborateur, qui s’était toujours montré fiable et efficace depuis leur retour. Mais derrière cet abandon de façade, c’était bien elle encore qui pesait sur les grandes décisions, menant les choses dans la direction désirée. Mais elle ne souhaitait pas s’afficher, elle restait bien à l’abri derrière son prête-nom. Elle se tenait au courant des affaires, consciente de ce qu’elle pouvait obtenir ainsi. Elle pouvait rassembler les informations dont elle avait besoin, graisser la patte de qui lui serait utile. C'était aussi le moyen d'avoir un apport d'argent non négligeable. Très vite, de nouvelles idées firent jour, grandissant au même rythme que sa rancœur. Peu à peu, elle entrevoyait ce qui deviendrait bientôt son let-motiv. La haine de sa race, de cette caste souveraine qui lui avait toujours fait tant de mal. Son père d’abord, qui pourtant s’était contenté de faire ce que font les pères, à savoir, décevoir leur fille. Et puis il y avait eu ses détracteurs, Owen en tête, plus acharné qu’une charogne, son bourreau, d’autres encore, qui l’avaient au choix enfermée dans une caisse pour la vendre au plus offrant ou encore menacée avec autant d’armes différentes qu’on peut l’imaginer. Il y avait cette foule moqueuse, qui l’avait piétinée à coup de mépris, de rumeurs, de bassesses. Et puis bien sur maintenant, il y avait Chris. Le coup de grâce, son alibi. La bonne excuse pour enfin s’abandonner à cette haine vorace. Abandonner le peu de sanité qui lui restait.

La révélation fut sourde, montant lentement en elle, intolérable tout d’abord. Puis elle s’y résolut enfin. Elle allait s’acharner à malmener les moires autant qu’ils l’avaient malmenée. Elle ne savait pas encore comment, dans quelle mesure, et qu’est-ce qui pourrait la contenter. Rien ne semblait vraiment défini. Son but était-il vraiment d’exterminer chaque mutant pour trouver la paix? Non, évidemment non. Mais elle avait l’intention de continuer tant qu’elle ne serait pas satisfaite. Pas par ferveur pour la cause humaine. Malgré une empathie réelle pour leur combat, les années l’avaient placée bien trop loin pour qu’elle arrive seulement à envisager de se battre pour quelqu’un d’autre que pour elle-même. Alors bien sûr, elle voyait bien que son objectif pouvait servir leur combat à eux. Elle était trop jalouse de son indépendance et de ce fait, pouvait difficilement prêter allégeance à tout un groupe. Mais sa route croisa à nouveau une vieille connaissance, la rapprochant de la Résistance, proposant ses services, sa situation pouvant permettre une facilité d'action que les humains n'auraient jamais.
Secrètement, elle espérait qu’ils donneraient peut-être plus de force à son bras, une sorte de justification qui l’empêcherait de faiblir.
Car après un peu plus de deux ans, Kyo était revenu à ce que Sat lui avait appris à être : une tueuse. L’ironie du sort sans doute, quand le mercenaire semblait avoir pris sa place, devenant homme d’affaire important, elle, elle s’était engagée dans son ancienne voie, reprenant presque la relève. Effet miroir total.
Bien sur, elle tenait à pouvoir continuer d’évoluer dans les hautes sphères, gardant son appartement dans le centre. Son ancienne relation avec le pro-moire la protégeait des soupçons. Continuer à avoir une image publique bien calme, bien ennuyeuse, même s’il fallait encore tolérer les remarques hautaines. Peu importait. Avoir accès à tout ce monde là n’avait pas de prix, c’était son passe-partout pour parvenir à faire ce qu’elle désirait.

Il y avait donc deux personnages désormais, Kyoran Gweria, tristement tournée en dérision, héritière déchue et désœuvrée, et cette mercenaire fraîchement apparue, Blake Baccara, et dont on savait peu de chose, si ce n’est qu’elle désirait voir mourir les moires les plus corrompus. Si elle ne semblait pas humaine de par ses capacités, les cibles qu’elle choisissait laissaient perplexe quant à ses motivations. Là où il n’y avait que vengeance, on imaginait facilement un combat plus noble, et elle ne se privait pas d’en jouer, laissant fleurir des pistes sur son appartenance à tel ou tel groupe, donnant à croire qu’il y aurait peut-être des réclamations à venir. Mais elle n’était pas qu’une tueuse. Elle s’adaptait au besoin, à la demande. Elle pouvait se faire voleuse, ou organiser l’enlèvement de telle ou telle personne. Monter un attentat. N’importe quoi. Oui, même torturer, elle s’y était résolu, mais seulement pour les pires ordures, et quand son chèque entassait assez de zéro.
Seule face à elle-même, Kyo se faisait croire que son but était de tuer Sat. Elle voulait imaginer qu’elle pourrait enfin tourner la page. Mais elle repoussait la rencontre fatidique, le verdict final. Elle se trouvait des prétextes, elle n’était pas encore prête, il lui avait tant appris, il connaissait trop sa manière de se battre, d’agir, elle devait s’améliorer, rassembler plus de moyens, monter un plan infaillible… Au fond, cette haine, n’était-ce pas tout ce qu’il lui restait ? Une fois mort -en admettant qu’elle parvienne à le tuer- que ferait-elle ?



Physique :

Si plus jeune, elle s'était complu dans un rôle de femme fatale un brin caricatural, les années lui avaient rendu plus de sobriété sans qu'elle n'en perde toutefois son élégance et son goût de l'apparence. Elle avait délaissé ce côté excentrique et un peu provocant qui faisait sa fierté dans ses folles années, pour quelque chose de plus épuré.
Outre sa manière de s'habiller, ses expériences et son train de vie de ces dernières années avaient également contribué à modifier de manière pernicieuse son allure, sa manière de se mouvoir. Dans un premier temps, ses choix, sa peine et sa colère l'avaient forcée à puiser dans des réserves insoupçonnées. Son obsession l'avait poussée à ne pas prendre en compte les signaux d'alarme, à repousser les limites de son corps bien au delà du raisonnable. La volonté l'avait fait tenir, mais elle avait incroyablement maigri. A croire qu'elle allait se briser, à force de trop en demander. Mais lentement, elle s'était installée dans un rythme, la fatigue se repliant, cessant enfin de la dévorer. Son visage et sa silhouette en resteraient amincis, mais se gainant d'une musculature toute en finesse. Bien que gardant des formes attractives, son corps avait perdu de sa langueur coquette. Autrefois si joliment inutile, si lisse, il était aujourd'hui devenu un outil de travail qu'il fallait entretenir. La lenteur du geste était restée, mais devenant aujourd'hui plus maitrisée, plus sérieuses, précise, inquiétante. Il ne s'agissait plus simplement de paraître, de jouer un rôle. Il fallait désormais tout contrôler, chaque muscle, chaque réaction. Trouver la juste tension. C'était comme si sa nouvelle vie avait pénétré jusque dans sa nature profonde.
Ses cheveux ruisselaient en une cascade luisante d'éclairs noirs. Ils avaient mis du temps avant de retrouver leur longueur, mais encore aujourd'hui, Kyoran ne pouvait s'empêcher d'apprécier ce frôlement sur ses épaules. Souvent détachés, légèrement ondulés, ils semblaient venir briser le marbre de son teint. En effet, on aurait pu croire son visage, son cou, ses épaules creusés dans une perle immaculée, chaque arrondi et chaque creux révélant tour à tour des éclats nacrés et des ombres tendres. Bien sûr, ses pommettes prennent encore une légère teinte rose de fausse pudeur, une gêne fictive, mais dans la glace de ses traits, seules ses lèvres promettent réellement un peu de vie. Sa bouche, légèrement sombre, reste discrète et mince, mais addictive dès qu'elle mime un de ses demi-sourires un peu féroces.
Bien sûr, il y avait son regard également, pour donner quelques flammes à son visage. Mais sous les ténèbres de ses sourcils bien dessinés, entourés par ses cils comme autant de pétales noirs, ses yeux étaient d'un vert de tempête, presque le bleu des marécages. Une forêt délavée par les orages. Ils semblaient souvent gris, ourlés d'une dentelle plus sombre. Alors elle s'efforçait d'y mettre autant d'éclat que possible, elle se donnait du mal pour leur rendre une expressivité de forcené. Chaque regard se chargeait d'intensité et de toutes les intentions qui la traversaient sur l'instant. Mais il suffisait de regarder quand elle ne faisait pas attention, dans un de ses rares moments de relâchement pour n'y trouver que de la fatigue, et une recherche vaine.

Caractère :

Au fil des années, le caractère de Kyoran a eu le temps de changer. Elle est bien loin, la jeune insolente qui ne savait que faire de son temps, si ce n'est provoquer. Ceci dit, reste toujours le même sédiment, quelque soit les courants de surface. Ainsi, même à 33 ans, elle reste encore cette femme toute en froideur apparente, visiblement hautaine. Peu de choses semblent capables de la faire sortir de son indifférence coutumière, elle revêt sa nonchalance comme d'autres le font d'un sourire. Si certains y voient le plus souvent du dédain, ou un égo encombrant, il ne faut pas si tromper, car malgré une estime d'elle-même plutôt convenable, cet air de ne pas y toucher, elle le doit essentiellement à son calme déroutant. L'expérience bétonnant un peu plus son flegme naturel, il faut désormais de véritables drames pour l'user aux nerfs. Patiente, elle a appris à ne pas être pressée pour obtenir ce qu'elle désire, tant qu'elle voit son but devant elle, rien ne peut la dévier, peu importe le temps nécessaire. Cependant, c'est souvent l'usure qui peut avoir raison d'elle. S'il en faut beaucoup d'un coup pour la déstabiliser, une pointe d'ennui distillée chaque jour finira par la rendre folle.
Elle supporte difficilement la monotonie, la répétition, ce qui l'a conduit souvent à des réactions inconsidérées. Rien ne lui semble assez bien, tout est détestable. Son agacement peut être tout en glace, comme si souvent, mais parfois ses réactions sont plus explosives. En effet, si la jeune femme n'est pas de nature cruelle, elle sait par contre tout à fait se montrer injuste, butée et de mauvaise foi. Son esprit de contradiction est souvent à l'origine d'altercations idiotes, et même si elle est assez maligne pour ne pas se laisser entraîner dans des affrontements dangereux par orgueil ou pour avoir le dernier mot, il lui arrive parfois de céder à quelques duels de volonté, sur un coup de tête.
Malgré un caractère assez silencieux, l'ironie reste toujours planquée au coin de ses lèvres, ne ratant jamais une occasion de s'aiguiser. Rares sont ses phrases dénuées de sarcasme, souvent désabusées, acerbes.

Empreinte d'un orgueil serein, elle n'est pas du genre à se jeter des fleurs ou à chercher à être reconnue. Il est cependant hors de question qu'elle laisse qui que ce soit la rabaisser, l'humilier. Dans un tel cas de figure, elle se pare de cette lenteur, de ce silence qui n'est qu'une violence au repos, sous contrôle. La bouche, d'ordinaire joueuse, se prépare à mordre, chaque mot prononcé avec une efficacité chirurgicale, une diction tranchante. Les gestes sont lents, de ce roulement plein de tension qui s'empare du prédateur avant qu'il ne bondisse. Kyoran est sans pardon, quand on cherche à la mettre plus bas que terre. Elle aime traiter d'égal à égal, s'évertuant toujours à ne pas sous-estimer un interlocuteur.

Cette fierté appelle un besoin d'indépendance, essentiellement pour se prouver qu'elle peut se débrouiller seule.Les années de fuite avec Sat lui ont appris la confiance, le bénéfice de pouvoir s'appuyer sur quelqu'un. Mais cette période ne dura pas, ou si peu, et quand à nouveau, elle se trouva livrée à elle-même, la chute fut si âpre que ses vieux réflexes revinrent, plus virulents que jamais, la gonflant d'un vague mépris à l'idée d'être aidée, refusant systématiquement d'accorder la moindre marque de reconnaissance ou d'assentiment.

De plus, les trois dernières années de sa vie lui ont forgé une sorte de deuxième caractère, allant de pair avec son pseudonyme, sa double identité de mercenaire. Quand elle devient Blake Baccara, beaucoup de choses doivent changer. Elle procède à une sorte de cloisonnement, prenant soin de mettre sous clefs ses vieux démons, pour qu’ils ne risquent pas de venir interférer dans ses affaires. Plus de peur, plus d’hésitation, plus de moral. Elle qui a toujours voulu garder un semblant d’humanité a bien dû se rendre à l’évidence, et abandonner progressivement tout désir de droiture. Se battre, tuer, est toujours salissant. Alors, elle se barde derrière une assurance dingue, fait sembler d’aimer ce qu’elle fait, d’apprécier le sang. C’est plus simple de paraître sûr de soi, voir un brin psychotique, plutôt que de montrer que l’on fait ça par résignation, par défaut, car c’est le seul moyen d’atteindre son but.
Peu à peu, son ressentiment envers Sat s’est mué en quasi obsession. Les séquelles, les névroses de ses années de fuite, elle leur a enfin trouvé un responsable, même si elle est consciente que ce n'est qu'un mensonge. Une illusion, mais qui lui sert d’excuse, et lui a permis finalement de se surpasser. Mais cette monomanie la menace parfois, seule chose risquant réellement de lui faire perdre son sang-froid ou de s’engager dans des actes désordonnés. Elle manque de lucidité et de recul, et au fond, ne sait pas ce qu’elle désire réellement.

Autre (Détail particulier ou Information Spéciale) : Claustrophe. A peur des araignées.

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MessageSujet: Re: Kyoran Gweria   Mar 14 Juil - 17:13:27

T'as peur des araignées et t'en met une énorme, velue, moche sur ta signature? Je sais pas si je dois te valider du coup....

Bon d'accord je crois que je peux te valider, surtout que ta Kyo commence un peu à me faire peur! (si elle croise Iris elle a intérêt à être gentille avec elle!)




Spoiler:
 
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Kyoran Gweria

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MessageSujet: Re: Kyoran Gweria   Mar 14 Juil - 17:16:16

Hihi, c'était justement un clin d'oeil ;) Un jour je vous raconterai peut-etre pourquoi Kyo a peur des araignées, dans son journal intime :p

Tu as raison d'avoir peur mouahahaha





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Elsie Bird

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MessageSujet: Re: Kyoran Gweria   Mar 14 Juil - 21:31:53

    Hawwn c'est ce que je me disais aussi !! x3
    Bon retour, hâte de la voir en jeu ! :3
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Kyoran Gweria

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MessageSujet: Re: Kyoran Gweria   Mar 14 Juil - 21:48:03

Héhé, merci little bird ! Qui sait, j'aurai peut-etre l'occasion de te voler dans les plumes un de ces jours ;)





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MessageSujet: Re: Kyoran Gweria   Mar 14 Juil - 23:37:57

Sublime présentation Kyo ! C'te claque ! J'espère que cette fois nos perso auront la chance (ou malchance^^) de se rencontrer Very Happy
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Kyoran Gweria

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MessageSujet: Re: Kyoran Gweria   Mer 15 Juil - 8:06:02

Merci Kiss

Mais ne souhaite pas trop fort, ça risquerait de finir par arriver :p





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MessageSujet: Re: Kyoran Gweria   Sam 18 Juil - 20:53:49

Wouah quel revival je me suis pris dans la face en lisant tout ça.
Kyo, je tiens à te remercier publiquement. Pour toutes ces heures d'écriture, pour toutes ces années où nous avons fait vivre Kyo et Sat (même quand le forum n'existait plus).

Je me fais un devoir de poster ma bio cette nuit, peu importe l'heure à laquelle je finis.
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Kyoran Gweria

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MessageSujet: Re: Kyoran Gweria   Dim 19 Juil - 0:23:59

Faut arrêter les compliments, je ressemble à un feu tricolore qui resterait bloqué ><

Et notre histoire ne serait rien sans toi non plus, donc ne me remercie pas trop. Tu sais à quel point ça m'a toujours accroché à la peau (et à la plume), ce duo :)





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