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 Sat's anthology of short stories


rising from ashes

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Lcf Sat

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MessageSujet: Sat's anthology of short stories   Ven 28 Aoû - 18:39:36

[Post en construction : ici seront résumées et rattachées chronologiquement les histoires en cours et à venir + les idées bizarres qui me passent par la tête.]
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Lcf Sat

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MessageSujet: Re: Sat's anthology of short stories   Ven 28 Aoû - 18:40:34

Fire and the Thud


Elle était allongée sur le dos, les mains jointes sur le ventre, lorsque le soleil pointa timidement en cette triste matinée d’automne. Les nuages tentaient de lutter contre cette lumière indésirable mais ne parvenaient à empêcher un éclairage gris diffus réparti uniformément dans le ciel.
Elle était allongée sur le dos, les mains jointes sur le ventre, lorsque le soleil déclina lentement en cette chaude soirée d’été. Quelques rares grillons tentaient de lutter contre ce silence insoutenable mais ne parvenaient à empêcher les ombres crépusculaires d’engloutir le monde.
Les lois de l’espace-temps n’avaient plus cours en ce lieu.
Elle était assise en tailleur, à même le sol, devant un plateau repas peu ragoutant. Quelques bouillies et purées infâmes se répartissaient dans les différentes cases. Un cafard, elle l’avait appelé Balthazar, passa près du plateau et en analysa le contenu avec ses petites antennes. Après quelques secondes, le rampant détourna son intérêt et partit en quête de mets plus comestibles. Elle repoussa le plateau et se dirigea vers la lucarne grillagée située deux mètres plus haut.
Elle était assise sur son lit devant un plateau repas original. Depuis vingt minutes, elle n’était pas parvenue à déterminer pourquoi celui-ci était différent de tous les autres. Ce n’était ni la couleur, ni l’odeur ni même la forme dudit plateau. Quelque chose n’était pas à sa place. Après cette longue et infructueuse réflexion, elle finit par nettoyer consciencieusement l’intégralité de la nourriture présentée devant elle. Le petit croustillant n’éveilla pas son attention. Balthazar le cafard finit mâché et digéré dans son organisme.
Les lois de l’espace-temps n’avaient plus cours en ce lieu. En revanche le cycle de la vie se déroulait envers et contre tout : manger ou être mangé.
Elle tapait contre le mur à intervalles réguliers. Elle communiquait en morse avec un voisin, partenaire d’infortune, mais les réponses de celui-ci ne voulaient rien dire. Elle en riait aux éclats. « Mon mouton danse la polka sur un monocycle ? », il avait du sacrément bien le dresser ! Jamais elle n’aurait pu apprendre ça à Balthazar. Cela faisait des jours qu’elle n’avait plus vu son compagnon rampant. Ou bien étaient-ce des mois ? Ou des années ? Elle chassa rapidement ces pensées de son esprit et se remit à taper contre le mur : « La chasse au panda roux commence tôt cette année. »
Elle murmurait des mots en yaourt contre le sol. Elle communiquait avec le voisin du niveau inférieur, elle en était convaincue. Le sol, plus fin que les murs laissait passer les vibrations émises par ses cordes vocales erraillées. Elle était triste parce qu’ils ne parlaient pas la même langue. Lui parlait en javanais tandis qu’elle utilisait le langage des produits laitiers. Alors elle essayait les bases, elle voulait au moins lui faire comprendre son nom : « Blagougni klapo crifnut… ».
Les lois de l’espace-temps n’avaient plus cours en ce lieu. Le besoin de communiquer, lui, ne quittait jamais vraiment l’humain.
Dans un rare de moment de lucidité, elle se demanda comment un simple humain pouvait survivre dans ces conditions inhumaines. Etait-elle réellement humaine ? Etait-elle enfermée parce qu’elle était de nature alien ? Etait-elle une extraterrestre ? Ou bien une mutante. Elle avait été rejetée du monde à cause de ses différences. C’est un fait. Elle n’en voulait pas au monde, c’était dans sa nature de rejeter ce qui était étranger. C’est un fait. Quelle autre raison pouvait-il y avoir à son enfermement ? Aucune qui ne fasse sens.
Aux heures succédèrent les jours. Aux jours succédèrent les mois. Aux mois succédèrent les années.

Un jour, les murs de sa prison tremblèrent. C’était un jour comme les autres. Le ciel était gris, la nourriture mauvaise, les cafards aux abonnés absents et les voisins résolument muets. Qui avait donc autorisé un tel imprévu dans ce contexte si routinier ? Elle grommela dans son langage inintelligible quelque chose qui voulait dire « laissez-moi en paix, je n’ai plus rien à voir avec le monde de dehors » mais qui sonna « mmmurfgreeuschmuf ». Le monde n’était pas du même avis. Un groupe d’extrémistes humains outsiders avait jugé que faire sauter la porte de l’asile et libérer les détenus était une façon de lutter contre l’oppression moire – une majorité de ces détenus étaient humains – tout en rajoutant à l’anarchie ambiante une dose de folie incontrôlable.
Les portes des cellules s’ouvrirent une à une. Assise sur son lit, elle restait prostrée dans une contemplation interrogative devant ce changement radical de son écosystème. Elle entendait du vacarme et des bruits de pas désordonnés mais ne parvenait pas à décider de la moindre action. Ce monde extérieur l’angoissait. Ce monde extérieur l’avait rejetée et elle s’était maintenant faite à cette idée. Elle n’en voulait plus, le sentiment était devenu réciproque. C’était décidé, elle resterait dans cette cellule, peu importe qu’elle ne soit plus verrouillée, elle s’y sentait chez elle.

Un jour s’écoula suite à cet incident sans précédent. Le calme et la poussière étaient retombés mais la faim et surtout la soif commençaient à se faire sentir. Affalée sur son lit, les bras écartés, elle se faisait doucement à l’idée de se laisser mourir ici, oubliée de tous. Elle ne remarqua pas l’ombre chapeautée qui s’était arrêtée dans l’encadrement de la porte. Lorsque l’individu fit claquer son briquet, aucun mouvement ne laissa penser que sa présence avait été notée par la résidente. Ce fut l’odeur de cigarette qui vint perturber son profond mutisme, une saveur qui se présentait comme une douce promesse de temps révolus. Elle grommela quelque chose d’inintelligible, le visage à moitié enfoui sur le matelas. L’ombre, muette pendant les premières inspirations nocives, se décida à rompre le silence.

« Bonjour. Vous souvenez-vous de votre nom ? 
- Frablodouba…
- Vous êtes un cas unique, Vesper Cross. Je parcourais le dossier de suivi de votre psychiatre, le Dr. Léoville Toccanier. Le traitement médical qu’il vous a fait suivre aurait tué un être humain en une semaine. Plus précisément l’humain serait tombé en morceaux. 1er jour, les cheveux ; 2ème jour, la vue ; 3ème jour, les dents ; 4ème jour, les fonctions cognitives ; 5ème jour, quelques organes vitaux de façon aléatoire ; 6ème et 7ème jours, mort cérébrale puis arrêt cardiaque ; le tout sous réserve d’une assistance médicale constante à partir du premier jour.
- Vesp… Extrateschnurk ?
- Non, vous n’êtes pas extraterrestre. Vous êtes une moire, une mutante. La nouvelle race supérieure. Quand bien même, aucun être conscient sur terre n’a jamais subi le supplice que vous avez enduré… et survécu. Avez-vous conscience du temps qui s’est écoulé depuis votre incarcération ?
- Tttouujourrs.
- C’est ce qui peut vous sembler aujourd’hui mais vous verrez que c’est loin d’être le cas. A peine une transition dans votre longue vie. La chrysalide s’est ouverte. Faites un effort. Quelle est la dernière chose dont vous vous souvenez ? »

Vesper se redressa très lentement et ne jeta pas un seul regard vers son interlocuteur. Elle ne savait plus comment gérer une interaction sociale. La moire avait récupéré une identité mais un long chemin l’attendait. Le premier pas ne se fit pas attendre longtemps.

« Lcf. Sat. 
- Suivez-moi, nous allons nous occuper de vous.»

La silhouette filiforme de la rescapée se déplia comme une mante religieuse. Vesper était pâle comme un cadavre, chaque os de son corps était saillant. Une crinière noire sans forme engloutissait un visage ridiculement émacié. Au fond de ses sombres pupilles les braises incandescentes, trop longtemps étouffées sous la cendre froide, se ravivèrent.
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Lcf Sat

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MessageSujet: Re: Sat's anthology of short stories   Ven 28 Aoû - 21:35:51

Do I Wanna Know ?


Fidèle lecteur (Dites-moi qu'il y en a au moins un, ne brisez pas mes rêves), contrairement à nos petites habitudes ce n'est pas le célèbre Lcf Sat a.k.a. Chris Richards que nous retrouvons ici mais la trépidante Gwen Gambit (The Frantic Gwen Gambit : ça ferait un bon titre de comics!). En ce moment précis, la jeune Moire n'en menait pas large. Devant son miroir sur pieds, elle n'avait pu se décider que sur sa lingerie fine : un assortiment en dentelles noire. L’instinct masculin basique s’en contenterait volontiers mais la bienséance s’opposerait farouchement à ce qu’elle sorte dans cette simple tenue. Son instinct féminin, infaillible dans ce genre de situation, avait décrété que ce soir, c'était le grand soir. Chris et elle avaient eu quelques rendez-vous mais l'un comme l'autre avaient décidé d’un accord tacite de ne pas précipiter les choses. Alors d'où lui venait son intuition ? Ce n'était pas le nom du restaurant, San Daniele Del Friuli, pourtant vestige d'un temps révolu et annonciateur de découvertes italiennes inédites pour le palais. Ce n'était pas non plus le baiser langoureux échangé il y a deux soirs au moment de se quitter, un baiser légèrement plus long et brûlant que les précédents. Non elle ne pouvait clairement se l'expliquer mais quelque chose dans l'air annonçait que cette soirée serait mémorable. Une certaine atmosphère, légèrement lourde mais pas suffisamment pour que l'orage éclate.
Tout ça c’était bien beau mais ça ne résolvait pas son problème. Elle avait beau avoir une penderie remplie de tous les styles, impossible de se décider. Cette robe noire ? Trop vulgaire. Ce tailleur ? Trop strict. Ce top ? Trop décontracté. Cette jupe longue ? Trop hippie. « Raahh!! » Gwen envoya valser une ceinture à la boucle trop voyante en signe de protestation ultime.

Lorsque la sonnette retentit, la star de la soirée était enfin prête et particulièrement fière d'elle-même. L'ensemble laissa sans voix Richards et lui fit perdre l'espace d'un court instant sa retenue et son flegme si travaillés et si artificiels qu'elle aimait tant. L'effet était réussi.

« Miss Gambit. Vous êtes époustouflante ce soir.
- Chris, je sais que tu adores jouer ce rôle mais essaie quelque chose de nouveau ce soir. Pour moi. Appelle-moi simplement Gwen.
- Pas de chichis ? Très bien. Tu es sûre de vouloir découvrir cette facette de moi ?
- Je veux toute les découvrir.
- Très bien. »

Elle ne savait pas encore la tournure qu’allait prendre cette soirée. Ce souhait innocent allait être exaucé dans des proportions inattendues. Chris Richards ouvrit la portière à sa compagne avant de s'installer derrière le volant.

« Pas de chauffeur ?
- Ce soir, c'est uniquement nous deux. Nous deux contre le monde... »

La voix de Chris se resserra un instant à l'évocation de cette expression, de tout ce qu'elle symbolisait. Il s'en voulait de l'avoir énoncée, c'était comme une trahison. Mais les mots lui avaient échappés et déjà ils s’envolaient derrière eux. Le moteur de la jaguar cabriolet rugit et masqua ce moment d'égarement.

« Tu m'as caché que tu conduisais... aussi bien. Gentleman, action hero, pilote confirmé… Ta couverture est grillée Chris, tu peux admettre que t’es James Bond !
- Pas loin, je préfère Le Chiffre dans Casino Royale. »
[Get it ? Another brick in the… fourth wall !]

Le serveur remplit à nouveau les verres du jeune couple. La discussion était légère et les plats particulièrement savoureux. Seules une très faible élite moire pouvait s’offrir ce type de restaurant. Alors que Chris portait le verre à ses lèvres, un reflet rouge extrêmement fugace attira son attention. Dans un réflexe surhumain, l’ancien mercenaire bondit sur le côté et emmena Gwen avec lui dans son élan. La table ronde pivota sur le côté pour servir de bouclier de fortune. Le premier tir perfora de part en part l’avant-bras gauche de Chris. Les suivants se logèrent dans la table puis il y eut une pause recharge. Lorsqu’il regarda de l’autre côté du trou béant, témoin de l’impact à grande vitesse, ce fut l’œil de Gwen qui apparut, horrifié. Elle était sans voix devant cet orifice orné d’un sang poisseux.

« Fils de…
- Chris… On devrait appeler les secours. Comment tu vas ?
- Les secours, c’est ce taré qui va en avoir besoin. Reste là, je m’en occupe.
- Tu vas te faire tuer. Je sais ce que tu penses. Ce sont des représailles de la fameuse soirée au Platinium, c’est ça ? Tu ne résoudras rien de cette façon. »

La discussion fut abrégée par le léger cliquetis provoqué par l’atterrissage gracieux de quelques grenades.
« Tu viens avec moi. »
Gwen et Chris bondirent dans la rue avant que les vitres du restaurant ne soient soufflées par l’explosion. Les lieux n’avaient pas fini d’être évacués et de nombreuses victimes seraient probablement déblayées des décombres durant la nuit.
« J’adorais ce restaurant… »
Gwen était sans voix devant la fulgurance et la violence des évènements. Elle n’était plus que la spectatrice impuissante d’évènements qui la dépassaient. Elle qui avait mis si longtemps à choisir sa tenue, voilà qu’elle partait en lambeaux. Là où une personne normale serait en train de contacter la police et les secours, Chris était en train de sortir un moire grisonnant du coupé sport qu’il venait de garer à quelques mètres. Le pauvre bougre avait bien mis vingt minutes avant de trouver une place libre dans ce quartier huppé. Gwen n’entendit pas d’informations supplémentaires de cette conversation, tout n’était que bruit et chaos dans ses oreilles. Elle avait cette désagréable sensation que l’on ressent lorsqu’il y a un changement brusque de pression. La camionnette noire d’où provenait l’assaut éclair était à peine partie en trombe que Gwen se retrouvait embarquée à sa poursuite dans une voiture d’emprunt. Au volant Chris mobilisait au maximum ses réflexes et ses capacités physiques.

« Tu t’es bien attachée Gwen ? »
Pas de réponse de l’intéressée, elle était dans un état second.
« Gwen, parle-moi. Tu t’es bien attachée ?
- Oui oui… Dis-moi que tous tes rencards ne se déroulent pas comme ça…
- A vrai dire… »

La course poursuite prit fin assez rapidement. Une automobiliste paniquée ne s’était pas écartée à temps du trajet de la fourgonnette noire. Le choc à pleine vitesse renversa le camion qui finit sa trajectoire sur le toit tandis l’obstacle malchanceux glissa sur cinquante mètres avant de s’encastrer dans un véhicule garé. On aurait dit un accordéon géant. C’était tout un art de rouler à pleine vitesse dans une circulation dense. Une unique ombre émergea de la fourgonnette encore fumante par la portière passager. Selon toute vraisemblance le conducteur devait avoir fini la tête encastrée dans le volant. Chris s’arrêta quelques mètres avant l’accident et s’apprêtait à s’élancer à la suite de son mystérieux Némésis. Il fut stoppé net dans son élan par la main tremblante de Gwen. Ses lèvres ne parvinrent pas à se desserrer mais son regard valait tous les argumentaires du monde.

L’inspecteur Carlyle arriva cinq minutes plus tard sur les lieux de l’accident. Des agents vinrent à sa rencontre pour le briefer sur l’anarchie ambiante. Il les repoussa d’un signe de main strict et se dirigea directement vers Christopher Richards.

« Il y a moins d’un mois M. Richards. Moins d’un mois que vous étiez notre hôte le temps d’une nuit.
- Et c’est reparti…
- Avouez que la coïncidence est étrange. Vous gardez les comptes des personnes qui meurent autour de vous ?
- Je ne répondrai pas à cette question. Demandez aux témoins, nous avons été victime d’un attentat. 
- Il semblerait oui. En revanche les victimes qui partent à la chasse de leurs agresseurs, je trouve ça peu commun. »

Sat était à nouveau mis au pied du mur par l’inspecteur. Il réfléchit à toute vitesse à la bonne conduite à adopter pour que le bulldog lâche son os. Gwen entra en scène avant qu’il ne puisse répliquer.

« M. Richards m’a protégé de la première rafale en risquant sa vie. »
Elle pointa nerveusement du doigt le bras en sang de son compagnon. Il avait effectué un garrot de fortune avec le foulard de Gwen.
« Après ça, nous avons réchappé in extremis à l’explosion dans le restaurant. Nous étions sous le choc, nous n’avons pas vraiment réfléchi mais agit à l’instinct. Nous voulions les empêcher de s’en tirer à si bon compte. Tout simplement.
- Et au passage, vous avez "tout simplement" enfreint l’intégralité des règles du code de la route et occasionné d’importants dégâts matériels que nous sommes en train d’estimer. Cela valait-il le coup, je ne suis pas certain, Miss… ?
- Gambit.
- Gambit… J’ai déjà entendu ce nom-là, le mois dernier. Que faisiez-vous au Platinium exactement ?
- Je suis… Etais chargée de la surveillance de M. Richards. Je venais le chercher sur place lorsque vous l’avez embarqué.
- M. Richards semble être tout à fait capable de se débrouiller seul. Comment ?... »

L’inspecteur fut interrompu dans ses réflexions à la Columbo par l’agent Bulton. Ce dernier faisait bien attention à ne surtout pas croiser le regard de Christopher Richards. Le déferlement de rage dont il avait fait les frais était encore trop récent pour ses nerfs. Ce moire le mettait mal à l’aise, il sentait peser sur lui le regard du prédateur.

« Chef, nous avons extrait un corps du camion. Il est mort sur le coup mais ses papiers étaient sur lui. Jim Howlett, une petite racaille bien connue de nos services. Je l’avais moi-même inculpé à deux reprises et…
- D’autres informations ?
- Il n’était pas seul. Le tireur a explosé le pare-brise et est sorti par là. Des témoins affirment l’avoir croisé mais il portait une cagoule et une tenue d’assaut. Il aurait disparu dans une rue perpendiculaire à l’avenue cinquante mètres plus loin, fusil au poing. »

Richards et Gambit profitèrent de l’occupation de Carlyle pour s’éclipser discrètement. L’inspecteur connaissait ses coordonnées et son adresse, ainsi que celles de ses avocats. Le trajet retour fut relativement calme, chacun étant passablement absorbés par ses pensées. Lorsqu’ils furent arrivés devant chez Gwen, Chris était toujours aussi ombrageux.

« Sacrée soirée…
- Oui…
- Chris, j’ai bien compris que faire partie de ta vie n’était pas sans risque. Ça ne me fait pas peur, tu connais mon cursus.
- Gwen, je sais comment finit ce genre de discussion et je comprends parfaitement…
- Non je ne pense pas que tu réalises vraiment. Je vais rentrer chez moi et tu n’es invité qu’à une condition. Que tu me racontes qui tu es vraiment. Il est hors de question que je m’attache à une ombre, un rôle que tu t’es créé. Dans le contraire, restons-en là. Je débute mon nouveau poste au service SU lundi et nos relations resteront strictement professionnelles. C’est non négociable Chris. »

Gwen se dirigea d’un pas peu assuré jusqu’à son perron. Elle se débarrasserait de sa robe sinistrée dès qu’elle aurait fermé la porte, accompagnée ou non. Un de ses talons céda et manqua de la faire trébucher. Elle pesta et finit les quelques mètres pieds nus. Pendant ce temps, Chris tapotait nerveusement du pouce sur le volant tandis qu’il jetait des regards furtifs vers cette étrange créature. Il s’était trouvé bien minable, sans répartie ni autodérision. Il se leva brusquement et rejoignit Gwen en petites foulées alors qu’elle cherchait ses clés.

« As-tu déjà entendu parler du mercenaire surnommé Lcf Sat ?
- Oui il faisait l’actualité il y a des années mais on ne l’a jamais coincé. Du coup je suppose qu’il est soit mort, soit à la retraite.
- C’est moi. Es-tu toujours sûr de vouloir m’inviter ? »
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Lcf Sat

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MessageSujet: Re: Sat's anthology of short stories   Ven 28 Aoû - 22:27:42

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Extrait du tableau principal de l'inspecteur Tom Carlyle





2 semaines après le Platinium

Tom Carlyle ne se sentait pas à l’aise et c’était une situation peu commune pour l’inspecteur. Sa chemise le collait, son pied rythmait les secondes qui passaient dans la salle d’attente. Augmenter la cadence de ce mouvement nerveux n’avait cependant aucun impact sur l’inexorable cycle de l’horloge. Il avait été convoqué par l’assistant personnel d’Alistair Reak et, dans son métier, ce n’était jamais bon signe. Le policier n’hésitait pas à remuer les affaires malodorantes dans son district mais jusque là, aucun de ses coups d’éclats n’était remontait si haut. Il n’avait cependant pas de difficultés à imaginer les raisons de sa présence. Richards n’avait pas laissé passer sa brève incarcération, amplement méritée soit dit en passant. Le temps perdu à attendre dans cette salle frisait l’indécence, il se serait cru chez son ophtalmologue. Seulement, au lieu de vieilles revues passées de mode, de nombreuses photos encadrées figurant Reak à de grands évènements faisaient office de seule distraction. Carlyle fut tiré d’une profonde torpeur proche d’un état second par le grésillement désagréable d’un haut-parleur.

« Inspecteur Carlyle, veuillez entrez. »

Même chez l’ophtalmo, on prenait la peine de venir chercher le patient. Tout était pensé pour rendre mal à l’aise l’interlocuteur. Le verrou électronique de la serrure bipa ce qui eut pour effet d’entrebâiller légèrement la porte du bureau de Reak. Carlyle n’était pas d’humeur à observer les lieux, ses poumons peinaient à absorber leur quota d’oxygène. Il se focalisait sur l’essentiel, une chaise rudimentaire qui faisait face à un grand bureau en bois de belle facture. Reak était assis dans un prestigieux fauteuil et lui tournait le dos. Derrière, une baie vitrée impeccable dominait le tout-Muddle. L’inspecteur s’assit en tentant de trouver une position relativement confortable, en vain.

« Je vous laisse prendre connaissance des documents devant vous. »

Génial, il allait passer cette désagréable entrevue à parler au dos du dirigeant de Muddle. En effet deux documents imprimés avaient été consciencieusement disposés sur le bureau. Carlyle sortit ses lunettes pour en déchiffrer les caractères imprimés. La feuille de gauche était un engagement à abandonner toute charge à l’encontre de Christopher Richards concernant le braquage du Platinium. La feuille de droite était une demande de démission. Même dans son corps de métier, c’était une attitude froide remontant à une époque archaïque. Pas de place laissée à la discussion, aux compromis, uniquement un choix qui n’en était pas vraiment un.

« Pensez à Emily et faites le bon choix. »

A la simple évocation de ce nom, Carlyle fut pris d’une envie impérieuse de faire tournoyer ce fauteuil prétentieux pour qu’il finisse par la fenêtre. Malgré tout il refréna cette pulsion et griffonna la feuille de gauche.

« Souhaitiez-vous me parler d’autre chose M. Reak ?
- Non, ce sera tout Tom. Vous pouvez y aller.
- Très bien, bonne journée à vous…
- De même Tom. Au plaisir. »

1 mois après le Platinium

Et nous revoilà catapulté précisément au moment où Tom Carlyle interrogeait Sat, une fois que la courte débandade dans les rues de Muddle fut conclue par l’accident de la fourgonnette (cf précédent post, faut suivre un peu !). L’inspecteur Carlyle se retrouva interrompu dans ses réflexions à la Columbo par l’agent Bulton. Ce dernier faisait bien attention à ne surtout pas croiser le regard de Christopher Richards. Le déferlement de rage dont il avait fait les frais était encore trop récent pour ses nerfs. Ce moire le mettait mal à l’aise, il sentait peser sur lui le regard du prédateur.

« Chef, nous avons extrait un corps du camion. Il est mort sur le coup mais ses papiers étaient sur lui. Jim Howlett, une petite racaille bien connue de nos services. Je l’avais moi-même inculpé à deux reprises et…
- D’autres informations ?
- Il n’était pas seul. Le tireur a explosé le pare-brise et est sorti par là. Des témoins affirment l’avoir croisé mais il portait une cagoule et une tenue d’assaut. Il aurait disparu dans une rue perpendiculaire à l’avenue cinquante mètres plus loin, fusil au poing. »

Carlyle dégaina son téléphone aussitôt.

« Patterson ?
- OUI CHEF ?!
- Commencez par couper le volume de votre satanée musique ! Pour la dernière fois, lorsque vous prenez un appel, n’infligez pas ça aux autres.
- Désolé chef… Vous avez besoin de quoi ?
- Sortez-moi un profil complet sur Jim Howlett, il est déjà passé par chez nous.
- Pas de soucis, j’oriente mes recherches vers quelqu’un en particulier ?
- Richards. »

A l’autre bout du téléphone, Patterson manqua de s’étouffer alors qu’il essayait de siroter discrètement son soda. Sa tentative de masquer le bruit de jet de liquide fut un échec.

« Il est hors-limite depuis que… » Patterson ne finit pas sa phrase, par peur de remuer une blessure encore fraiche pour son chef.
« J’ai signé que j’arrêtais d’enquêter sur ces liens avec le Platinium. C’est une nouvelle affaire, rien ne m’interdit de l’y rattacher.
- Vous jouez sur les mots, non ?
- J’en ai rien à faire. Jim Howlett a essayé de tuer Richards. Je veux des raisons, je veux des liens. Howlett, Richards, Podjevic, je veux savoir comment tout ça se recoupe.
- Bien chef, je suis dessus. » Carlyle raccrocha et se retourna en direction de Richards et Gambit.

« Bien. J’avais quelques questions… » L’inspecteur ne finit pas sa phrase puisqu’il s’adressait à un espace vide. Bulton, penaud, faisait mine d’être occupé pour éviter son regard.
« Bulton ?
- Ils sont partis… Je n’ai pas osé les retenir alors qu’ils venaient de vivre une expérience traumatisante.
- Il vous a fait quoi Richards pour que vous écrasiez comme ça ? C’est un moire qui vit et respire comme nous. Vous allez vous ressaisir et vite parce que je compte sur votre aide pour le coincer. »


2 mois après le Platinium

Encore la tête dans le cirage, Carlyle mâchait son troisième chewing-gum consécutif. Il ne parvenait pas à faire disparaitre cette haleine rance, mélange d’alcool, de café et de sommeil. Un coup d’œil dépité à sa montre lui annonça 2h42. Depuis combien de temps n’avait-il pas eu droit à une vraie nuit de sommeil ? Et tout ça pour quoi ? Cette nuit Patterson était de patrouille avec lui. Moins habitué que son supérieur à la violence graphique, Patterson réprima difficilement un haut-le-cœur à la vue de la scène du crime. Le corps sans vie au sol n’avait plus rien d’un visage humain. Celui-ci avait été enfoncé à tel point que le nez et les yeux avaient disparu au fond du crâne. Dans ce cratère stagnait un mélange infâme de sang et de cervelle. Au-dessus de lui, l’angle d’un container à ordures était maculé de sang. La déduction était évidente, l’arme du crime était une… poubelle.

« Loin de moi l’idée de critiquer le spectacle chef mais pourquoi cette affaire en particulier ? »
Carlyle lui tendit le rapport succinct griffonné par l’agent qui avait découvert la scène. Patterson le commenta à haute voix.
« Rapide description du corps, objets trouvés sur lui. Papiers d’identités : Damian Jones. Le nom m’est familier.
- Il fait partie de la liste des membres connus du Red Hood gang, la fine équipe de Podjevic que je t’ai fait sortir le mois dernier. Podjevic, Howlett et maintenant Jones.
- Et on en déduit…
- Que ce n’est pas une coïncidence. Quelqu’un cherche des réponses et à voir la tête de ce type, il n’a pas aimé ce qu’il a entendu. »

Contempler un cadavre dans une rue sordide en pleine nuit n’était pas le pire dans le métier de policier. Le pire, c’était la procédure systématique qui suivait cette découverte. Malgré l’heure avancée de la nuit, il fallait faire une enquête de voisinage afin de glaner quelques témoignages. Un travail de fourmi particulièrement ingrat mais qui pouvait porter ses fruits avec un peu de chance.
Portes closes et silencieuses. 60%
« Dégagez, y’en a qui dorment ! » 15%
Gémissements, bruit de chair qui claque et autres onomatopées dont on se passerait bien. 10%
Petits vieux insomniaques qui proposent du thé même s’ils n’ont rien vu et entendu. 9%
Témoins potentiels. 6%

Personne n’avait pu voir le visage de l’assaillant. L’altercation n’avait pas été particulièrement bruyante, seuls les sommeils les plus légers et autres oiseaux de nuits avaient eu une chance d’être vaguement témoins. Une ombre masquée habillée en noir, beaucoup de frustration, voilà ce qu’ils avaient pu tirer de cette longue nuit. Il était maintenant 6h16 au bureau de police. Patterson s’endormait mollement dans un coin tandis que Carlyle tapait frénétiquement le rapport de la nuit afin d’en finir au plus vite.
Patterson se redressa d’un coup comme s’il s’était pris un shot d’adrénaline ce qui eut pour effet de faire sursauter son collègue. Celui-ci se remit à sa prose en grommelant. Sans plus d’explication, Patterson lança des recherches sur son poste de travail. Depuis la découverte du corps, le cerveau du policier avait lancé inconsciemment une tâche de fond. La pièce avait fini par s’imbriquer alors qu’il était aux portes du sommeil.

« Ah ah bingo !
- Hum ?
- La mort par poubelle. On avait eu deux cas semblables il y a des années. Ils avaient été liés aux activités du mercenaire qui faisait parler de lui à l’époque. Lcf Sat. Drôle de nom.

Carlyle se raidit instantanément à l’évocation de ce nom. Après avoir poussé sans ménagement Patterson de son bureau, il se pencha sur les dossiers qu’il venait de sortir.
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Lcf Sat

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MessageSujet: Re: Sat's anthology of short stories   Sam 14 Nov - 11:17:34

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6 mois après le Platinium
 
L’enquête sur Richards piétinait. Soit l’homme d’affaires avait mis un terme à ses activités extra-professionnelles ; soit il était devenu plus consciencieux pour dissimuler ses traces ; soit Carlyle avait fait fausse route depuis le début. Pendant un instant le doute s’attarda avant d’être rapidement balayé par l’inspecteur. Il y avait trop de coïncidences, trop de liens sans explications apparentes. Patterson entra en trombe dans le bureau de son chef.
 
« J’ai une nouvelle piste. Un indic m’a contacté et il aurait des infos sur les activités récentes de…
- De Shade ? De Richards ?
- … De Blake Baccara.
- Ah… Je l’avais complètement oublié. Va y jeter un œil. »
 
Inconsciemment des pièces du puzzle commençaient à faire sens dans l’esprit de l’inspecteur. Le moment pivot dans toute cette affaire se trouvait ce fameux soir au Platinium. Richards, Podjevic, Gweria. Gambit. Le meurtre de Podjevic, la liaison de Richards et Gambit, l’apparition de Shade, un meurtre (et hélas un seul à sa connaissance) semblable au MO de Lcf Sat. Les agissements suspects de Richards.
Tout le monde ne paraissait-il pas suspect à partir du moment où on les surveillait suffisamment longtemps ?
 La disparition de Blake Baccara. Un détail qu’il avait ignoré depuis trop longtemps.
 
Tard dans la soirée, Patterson remit son rapport à son supérieur. Son indic avait été approché par un des derniers membres du Red Hood Gang. Au chômage technique depuis plusieurs semaines, John Smith cherchait à reprendre les affaires. Il n’était pas parvenu à obtenir l’identité de la personne. Smith avait lâché quelques informations sur les derniers temps du Red Hood Gang. Podjevik avait rencontré à plusieurs reprises Blake Baccara mais personne n’avait aperçu son visage. Au plus, il pouvait affirmer que c’était un homme relativement frêle et de taille moyenne. Selon ses conjectures, le braquage du Platinium aurait été planifié avec Blake Baccara. Carlyle déballa ses premières idées à voix haute.
 
« Baccara pourrait avoir disparu pour éviter d’être éclaboussé suite au fiasco du Platinium. Si on part du principe que Baccara a planifié le coup, on peut en déduire deux choses fondamentales : il était à la recherche de quelque chose ou quelqu’un en particulier ; Et rien n’a été laissé au hasard…
- Gweria serait une complice ? Prendre un otage avec soi, c’est arbitraire et aléatoire en général. Si j’étais dans la peau d’un criminel, je choisirais la plus jolie fille dans la salle. Et Gweria devait éclipser toutes les autres ce soir-là.
- Oui mais garde un détail en tête : tout se serait déroulé parfaitement s’il n’y avait pas eu Richards, l’imprévu de la soirée. A partir de là, le plan a dû être improvisé sur le tas et la situation a changé.
- Vous pensez vraiment que Gweria est impliquée ? Elle m’a surtout l’air d’être une victime dans toute cette affaire.
- Une Moire de la haute société, fille d’un ancien parrain au passé trouble… Elle a eu tout le temps de se construire un personnage et de déformer la vision que le monde pouvait avoir d’elle. Je ne m’explique même pas qu’on n’ait pas creusé cette piste plus tôt. Reprenons tout depuis le début. »
 
Carlyle récupéra une photo de Richards qui trainait sur le bureau et la poinçonna sur son tableau en liège. Patterson partit refaire le stock de café, la soirée risquait de s’éterniser.


9 mois après le Platinium - Muddle General Hospital
 
C’était dans la chambre 4815 que se trouvait Melinda. Elle gardait ses cheveux coupés très court, habitude prise suite aux nombreuses opérations chirurgicale occasionnées par ses traumatismes crâniens. Son visage n’était plus qu’une sorte de patchwork de greffes de peau. Il n’était pas compliqué d’imaginer que le reste de son corps était dans un état similaire. A côté du lit, une prothèse de jambe reposait en appui. Malgré les souffrances et les épreuves qu’avait traversé cette femme, ses traits semblaient sereins. Son visage s’illumina littéralement en découvrant la personne qui venait lui rendre visite.
 
« Comment tu vas ma Melinda ?
- Tom, c’est à toi qu’il faut poser cette question. T’as vu ta tête ? Faut dormir de temps en temps.
- T’inquiètes pas pour moi. »
 
Tom Carlyle se pencha au chevet de sa femme et, prenant toutes les précautions du monde, lui déposa une léger baiser sur ses lèvres restées intactes. La vision de sa femme dans cet état avait été très difficile au début. Les années passant, Tom avait appris à complétement faire abstraction de l’aspect physique. C’était la seule femme qu’il avait jamais aimé et rien ne le changerait jamais. Il serait toujours à ses côtés dans son combat constant pour s’accrocher à la vie.
 
« Tu as des nouvelles de… du criminel ? »
 
Il y a quelques mois, lorsqu’il avait confié à sa femme qu’il suspectait Lcf Sat d’avoir un lien avec son affaire en cours, il s’en était voulu immédiatement. Sans avoir rien de concret, c’était infliger le retour du boogeyman qui avait bouleversé leurs vies à jamais. Si cela avait affecté Melinda, elle se gardait bien de le montrer. Malgré tout, elle posait régulièrement des questions, espérant des avancées dans cette affaire.
 
« Pas grand-chose de neuf hélas. Mais s’il est bien de retour, je n’ai pas le choix. Je n’arrêterai pas tant qu’il sera en liberté. »
 
Il y a des années en arrière, Melinda rentrait du travail lorsque son chemin avait croisé la locomotive à pleine vitesse nommée Lcf Sat. Le mercenaire avait organisé une mission suicide pour libérer une complice présumée de l’aile haute sécurité de l’asile psychiatrique. Sa voiture avait percuté à pleine vitesse une cycliste anonyme qui avait fini sa course encastrée dans une voiture garée sur le côté. Il ne s’était même pas retourné, tout juste avait-il eu le temps de réaliser l’impact avant de passer à la suite de son évasion. Cette cycliste n’avait guère plus d’importance qu’un insecte sur le pare-brise. Elle s’appelait Melinda Carlyle et c’était la fin du monde tel qu’elle le connaissait. La fin de son monde.
 
Des heures d’opération, trois mois de coma, de la rééducation, des rechutes, des complications, le stress post-traumatique, les angoisses incontrôlables. Toute la vie des Carlyle avait été influencée directement par cet instant, par cette action. L’enquête du jeune officier de police Tom Carlyle avaient pointé vers Lcf Sat, criminel tristement célèbre de Muddle. Les tentatives d’arrestation s’étaient soldées par des échecs puis, à la façon d’un Zodiac, le coupable avait fini par disparaitre de la circulation.
 
Et maintenant, au milieu de cette enquête qui piétinait, Carlyle avait à nouveau le doute quant à l’implication de ce Sat. A plusieurs reprises par le passé, il avait cru reconnaitre les signes distinctifs du mercenaire. Rien n’avait jamais été concluant et pour la plupart, la conclusion était tout bêtement qu’il cherchait désespérément des preuves de l’existence d’une chimère du passé.
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Lcf Sat

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MessageSujet: Re: Sat's anthology of short stories   Ven 15 Juil - 11:21:23

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